Au cours d'un meeting tenu ce mercredi 7 décembre, dans le territoire de Rutshuru en province du Nord-Kivu, Willy Ngoma, l'un des représentants du mouvement terroriste M23, a réaffirmé leur appel lancé mardi 6 décembre, au facilitateur de la Communauté d'Afrique de l'Est (EAC), l'ex-président kényan Uhuru Kenyatta et le président angolais João Lourenço, dans lequel le M23 se dit prêt à " se désengager et à se retirer " des zones qu'il occupe irrégulièrement dans l'Est de la République démocratique du Congo.
" Les gens ont lu le titre de notre message, mais ils ne sont pas allés jusqu'au bout. Nous sommes prêts à entamer le désengagement. Même moi-même j'ai déjà rassemblé mes affaires. Nous sommes prêts, qu'on nous dise si nous irons où et pour faire quoi ? Nous sommes prêts. Cependant, nous allons laisser ces territoires entre les mains des FDLR pour qu'ils viennent tuer nos frères ? ", s'est-il interrogé.
Toujours dans le même registre, Willy Ngoma a exprimé leur " volonté " de dialoguer avec le gouvernement, après la mise à l'écart du M23 au dialogue Nairobi, pour ne pas avoir obtempéré aux exigences irréversibles du gouvernement qui demandait entre autres son retrait des zones occupées.
" Nous sommes prêts à partir. Cependant, il faut qu'on écoute. Nous en appelons au facilitateur. Quand deux personnes se battent, tu ne peux pas prêter l'oreille qu'à un seul quand. Il faut avoir les deux sons de cloche. Nous lançons ce message à Uhuru Kenyatta et au président angolais. Ils doivent nous écouter, même si nous n'étions pas à Nairobi. Nous voulons la paix, mais le gouvernement ne veut pas dialoguer avec nous. Si nous quittons ici, nous allons dialoguer avec qui ? ", a-t-il renchéri.
Le M23 au bord du déclin
Au terme, du mini-sommet de Luanda en Angola, qui a connu la participation du Chef de l'État Félix Tshisekedi, ses homologues angolais João Lourenço et burundais Évariste Ndayishimiye ainsi que Vincent Biruta, ministre rwandais des Affaires étrangères, il avait été décidé qu'en cas de refus par le M23, de se désengager et de libérer tous les territoires occupés, les chefs d'Etat de la Communauté d'Afrique de l'Est instruiront la Force régionale de cette organisation à faire usage de la force pour le pousser à se soumettre.
A cet effet, un calendrier du processus de désescalade avait été mis en place, celui-ci prévoyait un cessez-le-feu pour le 25 novembre, qui devrait être suivi d'un retrait du M23 des zones occupées, en date du 27 novembre. Une décision non respectée par les terroristes du M23, et qui les a empêché de prendre au troisième round du dialogue de Nairobi au Kenya.
Dans son communiqué rendu public mardi 6 décembre, le M23 ne pouvait plus faire face à l'étau qui se resserre autour de son cou, a annoncé son désengagement et sa volonté de se retirer des localités qu'il occupe dans la partie Est de la République démocratique du Congo.
" Le mouvement M23 confirme son maintien du cessez-le-feu. En ce qui concerne la mise en uvre des dites recommandations, le M23 est prêt à commencer le désengagement et à se retirer, même s'il n'était pas représenté audit sommet. Le M23 apporte son soutien aux efforts régionaux visant à apporter une paix durable à la RDC ", indiquait ce communiqué signé par Lawrence Kanyuka, l'un des représentants du M23.
Monge Junior Diama
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