Le territoire de Lubero, l'un des plus vastes de la province du Nord-Kivu à l'Est de la République démocratique du Congo ne compte qu'un seul magistrat. Cette situation perturbe l'administration judiciaire dans cette partie du territoire congolais.
Franck Tshimanga, procureur près le tribunal de paix de Lubero, est le seul magistrat dans ce territoire. Ce dernier estime que l'affectation de nouveaux magistrats et la formation des officiers de police judiciaire (OPJ), qui susceptibles de représenter le procureur peuvent résoudre ce problème.
" La première contrainte, c'est la carence de magistrats. Nous sommes seuls sur ce vaste territoire. La difficulté, c'est d'arriver à atteindre les différentes communes, les différentes cités du territoire ", a-t-il fait savoir aux confrères de la Radio onusienne.
À l'insuffisance des magistrats dans ce coin du pays s'ajoute les difficultés d'ordre sécuritaire.
" Le territoire de Lubero est parmi les territoires qui connaissent une situation sécuritaire qui n'est pas facile, mais qui ne cesse de s'améliorer, grâce aux efforts des FARDC et de la police nationale ", s'est plaint le magistrat Franck Tshimanga avant de proposer une solution portant sur la célérité dans le traitement des dossiers judiciaires.
" Le plus important, c'est la célérité dans l'instruction des dossiers judiciaires. Le travail que nous faisons est essentiellement un travail qui est fait en phase pré-juridictionnelle. Il y a des délais dans l'instruction des dossiers judiciaires pour les solutionner. Et nous allons travailler principalement sur cette célérité pour que les dossiers judiciaires ne soient pas en souffrance et ne prennent pas un temps incompréhensible. Nous entendons faire les choses de cette manière-là pour essayer de consoler cette population du territoire de Lubero ", a-t-il suggéré.
D'après plusieurs témoignages, plus d'une juridiction dans les provinces souffrent de la carence des magistrats. Ces derniers, estiment que plusieurs fuient les conditions socio-professionnelles difficiles en province et préfèrent rester à Kinshasa. Cette réalité a été dénoncée par les activistes des droits de l'homme.
La formation des magistrats au coeur du pouvoir de Kinshasa
La ministre de la Justice, Rose Mutombo avait annoncé l'élaboration d'une nouvelle cartographie des magistrats congolais en novembre 2022 au cours de la présentation de ses réponses aux questions de la commission Droits de l'homme de l'Assemblée nationale.
D'après ses propositions, le pays devrait pallier la carence de magistrats au niveau des provinces. Cependant, l'exécution des résolutions de ce document se fait encore attendre.
Dans cette perspective, s'ensuit le 18 juillet 2023 l'ouverture à Kinshasa de l'atelier de formateurs des magistrats civils et militaires nouvellement nommés par le Chef de l'État. Ces travaux visaient le renforcement des capacités des formateurs de ces praticiens de droit, question de les doter des compétences nécessaires et harmoniser les modules pour leur permettre de conduire des sessions des formations dans différents sites, notamment les provinces.
Cette activité a été organisée sous l'égide du Conseil Supérieur de la Magistrature à travers l'Institut National de Formation Judiciaire, l'INAFORJ avec l'appui de Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), ces travaux de Kinshasa s'avèrent une mise à niveau des formateurs des 2500 nouveaux magistrats civils et militaires, récemment nommés par le Président Tshisekedi après le test de recrutement.
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