Le Secrétaire général du ministère de l'Agriculture, représentant du ministre José Mpanda Kabangu a procédé, ce jeudi 19 octobre à l'hôtel Béatrice, à l'ouverture d'un atelier de haut niveau sur les Technologies pour la Transformation de l'Agriculture Africaine, sous le thème : " TAAT en RDC : Pour un système semencier efficace et mise à l'échelle des technologies performantes pour la transformation de l'agriculture congolaise".

Organisé par l'Institut Africain de Leadership Agricole (AALI) avec la collaboration de l'Institut International d'Agriculture Tropicale (IITA), cet atelier vise notamment à présenter la vision, la mission et les grands piliers de l'Institut Africain de Leadership Agricole; identifier les besoins et les défis pour le développement d'un secteur semencier robuste et efficace en RDC; déterminer les principales contraintes au vote et à la promulgation de la loi semencière en RDC; formuler des recommandations stratégiques et mettre en place des mécanismes efficaces pour la réglementation du secteur semencier congolais; mettre en place une plateforme de plaidoyer sur la réglementation du secteur semencier en RDC pour renforcer les travaux, déjà entamés au profit de ce secteur, par d'autres partenaires techniques et financiers de la RDC.

Cet atelier de deux jours, soit du 19 au 20 octobre, poursuit l'objectif d'établir et de renforcer le partenariat entre le programme TAAT et les initiatives de la RDC en vue d'une transformation agricole accélérée. Aussi, d'identifier les interventions que le programme TAAT pourrait apporter aux initiatives de transformation de l'agriculture actuelles et futures nécessitant des technologies de haute performance et les meilleures pratiques permettant d'accroître la productivité des petits exploitants agricoles de la RDC.

" Comme nous le savons tous, sans semences de qualité, aucune transformation de l'agriculture en RDC ne pourra être opérée de manière sérieuse. Voilà pourquoi le ministère de l'Agriculture appuie l'organisation de cet atelier à l'issue duquel des recommandations pertinentes seront certainement formulées dans le sens de l'amélioration du système semencier congolais et partant de l'agriculture congolaise ", a fait savoir le représentant du ministre José Mpanda Kabangu.

Au nom du gouvernement congolais, le Secrétaire général de l'agriculture appelle les participants à formuler d'autres recommandations qui peuvent aider la RDC à contribuer en tant que pays africain à l'amélioration du système Africain et dont partant de l'amélioration de la productivité à l'augmentation des productions agricoles.

Pour sa part, le Directeur des Services Conseils en leadership d'AALI, David Bugeme a fait savoir qu'ils ont réuni les parties prenantes du secteur agricole congolais afin de débattre sur les questions qui bloquent la réglementation du secteur semencier en RDC.

" Le projet de loi semencier a été soumis au parlement depuis 2016 mais jusqu'aujourd'hui, la loi n'a pas été votée pour être transmise pour la promulgation par le Chef de l'État, Félix Tshisekedi. Plusieurs pays ont une loi semencière, alors que la RDC traîne encore les pas. Cela ne fera que la rendre moins compétitive sur le plan international parce que la RDC n'aura rien apporté à ces pays. Alors que ces derniers ont cette facilité d'amener tous ceux qui sont couverts par leurs lois et les lois qui régissent aussi les organisations sur la circulation libre des biens et des personnes dans les organisations. Il nous faut avoir un fondement, une base sur laquelle nos producteurs des semences ou tout celui qui s'aligne dans le secteur semencier puisse se servir afin d'être positionné sur le plan tant national qu'international ", a-t-il déclaré.

Dr Salomon Gizaw, le coordonnateur du programme TAAT, a, de son côté, mentionné que la RDC est à ce jour considérée comme l'un des pays modèles en Afrique grâce à la volonté politique de son gouvernement particulièrement de son Président.

Vue d'ensemble de l'agriculture en RDC

Selon les organisateurs, la RDC dispose d'un énorme potentiel agricole qui, même exploité à un niveau technologique moyen, pourrait nourrir un tiers de la population mondiale.

Le secteur agricole congolais, apprend-on, peut également compter sur un marché potentiel, les centres urbains du pays et les pays voisins comptant plus de 200 millions d'habitants. Cependant, en dépit de cet immense potentiel, la RDC reste l'un des pays les plus pauvres au monde, la pauvreté touchant environ 70 à 80% de la population totale de la RDC (RDC/Ministère du Plan/PNSD, 2019-2023).

De même, les carences nutritionnelles sont graves en RDC. Le retard de croissance ou la malnutrition chronique touche 43% d'enfants de moins de cinq ans, l'un des taux les plus élevés en ASS.

La même source précise qu'un enfant sur quatre souffre d'insuffisance pondérale. Ces chiffres peuvent se traduire par plus d'un million d'enfants touchés par la malnutrition aiguë et plus de six millions d'enfants congolais avec un retard de croissance, rapportent les organisateurs.

Le secteur agricole de la RDC est confronté à de nombreuses contraintes techniques, économiques et institutionnelles, à savoir : une faible productivité des secteurs de l'agriculture, de l'élevage et de la pêche, des allocations budgétaires insuffisantes, un cadre institutionnel insuffisamment organisé avec un déficit en ressources humaines, techniques et matérielles, tant au niveau central que provincial, un régime dualiste de propriété de terre tiraillé entre le formel légal et le traditionnel informel.

Que devrait faire le gouvernement congolais ?

Pour les organisateurs de cet atelier, le gouvernement de la RDC doit veiller à ce que les stratégies, les investissements et les actions agricoles soient liés aux résultats à atteindre dans le cadre de la déclaration de Malabo.

Aussi, le pays devra investir dans les domaines prioritaires, élaborer des politiques d'aide à l'investissement et mettre en place des institutions pour faciliter la mise en œuvre de la politique. Investir dans l'agriculture, autonomiser les agriculteurs (la plupart des femmes), inciter les jeunes à s'investir dans l'agribusiness, se concentrer sur le développement des chaînes de valeur agricoles créera plus d'emplois, en particulier pour les jeunes, augmentera les revenus des ménages, arrêtera ou réduira l'exode rural, améliorera la sécurité alimentaire et nutritionnelle et combattra la pauvreté.

" La RDC pourrait rapidement retrouver son image d'il y a cinquante ans, à l'époque où elle exportait des produits alimentaires. Le développement agricole pourrait également servir d'instrument pour le rétablissement et le renforcement de la paix dans des régions du pays encore déchirées par des conflits interethniques en augmentant les possibilités d'emplois et de revenus des jeunes qui pourraient autrement rejoindre les milices et les groupes armés ", ont indiqué les organisateurs.

Appuie de la BAD

Il sied de noter que la Banque africaine de développement (BAD), dans sa stratégie globale de " Nourrir l'Afrique " pour la transformation de l'agriculture en Afrique, a financé ce programme sur " les technologies pour la transformation de l'agriculture africaine (TAAT) ", pour une période de 10 ans, en deux phase de 5 ans, chacune.

Ce programme couvre 31 pays africains à faible revenu, y compris la République démocratique du Congo (RDC).

L'objectif de TAAT, dans sa première phase, est d'élargir rapidement l'accès des petits exploitants, principalement des femmes, aux technologies agricoles à haut rendement afin d'accroître la production alimentaire, d'assurer la sécurité alimentaire et d'accroître les revenus ruraux. Dans sa deuxième phase, TAAT voudrait améliorer la productivité agricole et la réforme des politiques pour soutenir la Facilité africaine de production alimentaire d'urgence. Présentement, il existe plus de technologies de haute performance pour l'agriculture qu'il y en avait à l'époque de la révolution verte en Asie.

Christian Okende

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Source : https://www.politico.cd/encontinu/2023/10/19/rdc-ouverture-dun-atelier-sur-les-technologies-pour-la-transformation-de-lagriculture-africaine.html/143950/