Les querelles intestines au sommet de l'État, les ambitions personnelles et les luttes de factions détournent l'attention des urgences réelles et paralysent la prise de décisions stratégiques.
Parallèlement, les marchés se vident, les routes et les frontières deviennent pratiquement infranchissables, et le commerce, moteur essentiel de la subsistance des populations, s'étiole. Cette convergence entre défaillance politique et étranglement économique ne se limite pas à des conséquences immédiates sur la vie quotidienne : elle installe un climat d'incertitude structurelle, érode la confiance des citoyens et des partenaires commerciaux, et compromet durablement le développement et la stabilité du pays.
La ville de Bujumbura, jadis vivier économique et carrefour dynamique de l'activité burundaise, semble aujourd'hui sombrer dans une torpeur inquiétante. Marchés vidés, commerçants désespérés, routes et frontières pratiquement infranchissables : autant de signes d'une asphyxie économique dont l'ampleur ne peut laisser indifférent.
L'écho de cette paralysie se fait sentir jusque dans les foyers les plus modestes, où l'accès aux biens essentiels devient progressivement un privilège et non plus une banalité. La quiétude apparente des rues masque mal l'angoisse d'un tissu commercial à l'agonie et d'une population aux ressources érodées.
Cette crise économique n'est pas un phénomène isolé. Elle s'inscrit dans un contexte politique troublé, où les dissensions au sommet de l'État affaiblissent la capacité de décision et compromettent l'efficacité des institutions.
Dans un climat où la recherche de boucs émissaires supplante la réflexion stratégique et l'action concrète, les discours officiels se révèlent creux et déconnectés de la réalité quotidienne des citoyens.
L'attention du gouvernement, détournée par les querelles internes et les luttes d'influence, se traduit par une incapacité manifeste à répondre aux besoins pressants de l'économie locale, accentuant la désolation qui plane sur les marchés et les artères commerciales de la capitale.
A Bujumbura, la paralysie des échanges ne se limite pas à une simple stagnation ; elle est révélatrice d'un malaise structurel plus profond. Routes impraticables, procédures douanières opaques et restrictions multiples étouffent le commerce, décourageant les investisseurs et isolant le Burundi de ses partenaires régionaux et internationaux.
Le résultat est une économie qui s'éteint progressivement, un tissu social qui se fragilise et une jeunesse qui, faute de perspectives, s'en remet à la seule résilience individuelle pour survivre.
Dans ce contexte, la responsabilité politique apparaît flagrante. La persistance des conflits internes, la vacuité des discours officiels et l'incapacité à instituer des réformes structurelles mettent en lumière la nécessité impérieuse d'une vision claire, d'une gouvernance transparente et d'une action concertée.
Le salut économique du Burundi exige la fin des querelles stériles au sommet de l'État et l'adoption de politiques courageuses permettant de restaurer les circuits commerciaux, de revitaliser les marchés et de rétablir la confiance des citoyens dans la capacité de leurs institutions à répondre à leurs besoins essentiels.
Ainsi, l'image d'un Père Noël absent des rues de Bujumbura, alors que l'économie s'éteint, n'est que le symbole poignant d'une ville et d'un pays aux abois, confrontés à la double peine de l'incurie politique et de la paralysie économique.
La résolution de cette crise réclame non des slogans ou des recherches de responsables imaginaires, mais une gouvernance lucide, des mesures pragmatiques et la restauration d'un dialogue national apte à reconstruire les fondements économiques et sociaux du Burundi.
Tite Gatabazi
Source : https://fr.igihe.com/Une-economie-a-l-agonie-au-Burundi.html
0 Commentaires