Et pourtant, plus de 64 millions d'entre eux, soit plus de la moitié de la population totale, survivent avec moins de 6 000 francs congolais par jour, selon le dernier rapport de l'Institut National de la Statistique.

Ce contraste saisissant entre l'opulence apparente des chiffres budgétaires et l'indigence réelle de la population illustre l'ampleur de la tragédie sociale : une nation riche en ressources mais dont les habitants sont abandonnés à la précarité la plus crue.

La misère, amplifiée par l'incurie de l'État, trouve son expression la plus visible dans les grandes agglomérations. À Kinshasa, capitale surpeuplée et délaissée, les rues et les quartiers entiers sont devenus de véritables décharges à ciel ouvert. L'insalubrité chronique favorise la prolifération d'épidémies, choléra, typhoïde, malaria et autres maladies liées à l'eau et à l'environnement qui frappent indistinctement femmes, hommes et enfants.

Dans un pays où la santé publique devrait être prioritaire, le citoyen se trouve livré à lui-même, tandis que la classe politique, soucieuse uniquement de s'enrichir et de consolider ses privilèges, persiste dans un entre-soi coupé des réalités populaires.

La pauvreté endémique n'est donc pas seulement matérielle : elle est la conséquence d'inégalités structurelles, de la faiblesse des institutions et d'un développement économique incapable de canaliser le potentiel humain.

Chaque jour, des millions de Congolais luttent pour accéder à la nourriture, aux soins, à l'éducation, tandis que l'État, distant et inefficace, échoue à remplir son rôle fondamental de protection et de promotion du bien-être citoyen.

L'urgence d'une refondation : inclusion, réformes et responsabilité civique

Face à cette situation alarmante, le temps de l'inaction est révolu. Il est impératif que les pouvoirs publics s'engagent dans des réformes structurelles ambitieuses : renforcement de l'emploi, infrastructures durables, accès universel aux services essentiels et responsabilisation effective des provinces.

La société civile, les acteurs économiques et les partenaires internationaux doivent être pleinement associés à cette entreprise, afin que la croissance ne profite pas seulement à une minorité privilégiée mais se traduise par un bénéfice tangible pour l'ensemble de la nation.

Réduire la pauvreté massive en RDC n'est pas seulement une nécessité économique : c'est un impératif moral et civique. Faillir à ce devoir équivaut à trahir le contrat social et à compromettre l'avenir même de la République.

La nation tout entière est ainsi appelée à se dresser, avec courage, vision et détermination, pour bâtir un État juste, stable et solidaire, où chaque Congolais puisse enfin aspirer à une vie digne et sécurisée.

La RDC dispose d'un budget annuel de près de 16 milliards de dollars, mais plus de la moitié de la population survit avec moins de 6 000 francs congolais par jour, selon l'Institut National de la Statistique

Tite Gatabazi



Source : https://fr.igihe.com/Entre-budgets-colossaux-et-misere-galopante-en-RDC.html