Au cours de son allocution, le ministre a dénoncé la présence persistante de " forces extrémistes " et d'une idéologie génocidaire qui menace la région depuis plusieurs décennies.
En effet, plusieurs rapports documentent de nombreux villages attaqués par des milices soutenues par Kinshasa, parfois avec le soutien de l'armée, recourant à des frappes aériennes et à des drones, entraînant la destruction des habitations et le déplacement massif des populations.
Le ministre Nduhungirehe a par ailleurs mis un accent sur ce qu'il qualifie d'institutionnalisation des discours de haine en RDC, citant un exemple concret : en décembre 2025, le porte-parole des Forces armées congolaises, le général Sylvain Ekenge, avait publiquement qualifié les femmes tutsi de " mauvaises " et mis en garde contre tout mariage avec elles.
" Ce n'était pas un lapsus, c'était prémédité ", a souligné M. Nduhungirehe, déplorant le fait que le général n'ait jamais été poursuivi, ce qui, selon le Rwanda, normalise les narratives de haine et prépare le terrain à la violence.
Une situation humanitaire alarmante
L'intervention de Kigali met en évidence une situation particulièrement préoccupante dans l'est de la RDC. Les communautés tutsi y subissent des violences ciblées, des bombardements aveugles et un accès restreint aux services de base.
Selon des observateurs, ces actes constituent de graves violations du droit international humanitaire et s'inscrivent dans une stratégie d'" éradication démographique " des populations ciblées.
La rhétorique de haine visant les Tutsi congolais, parfois relayée par des responsables officiels de Kinshasa, inquiète quant à la résurgence d'idéologies extrémistes rappelant celles qui ont conduit au génocide perpétré contre les Tutsi au Rwanda.
Le chef de la diplomatie rwandaise a en outre appelé le Conseil des droits de l'homme à se prononcer clairement contre ces violations et à tenir leurs auteurs responsables de l'incitation à la discrimination et à la persécution ethniques.
Bertrand Tunezerwe
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