Le contrat, d'une durée de trois ans et d'un montant global de 4,8 millions d'euros, liait l'État congolais à l'un des pensionnaires les plus en vue de la Ligue 1 française. Présentée comme une opération de rayonnement international, l'initiative se voulait un instrument de diplomatie sportive, destiné à projeter l'image d'une RDC ambitieuse et tournée vers l'avenir.

Cependant, à la rentrée suivante, deux ressortissants congolais établis en France, par l'entremise de Me Hervé Diakiese, saisirent le Parquet national financier en déposant une plainte pour " corruption ", " détournement de fonds publics " et " blanchiment de capitaux ".

Après plusieurs mois d'examen, l'autorité française transmit le dossier aux juridictions de la Principauté. La confirmation de ce transfert fut apportée par Bérénice Dinh, vice-procureure chargée du secrétariat général financier, tandis que le procureur de Monaco, Stéphane Thibault, reconnut avoir reçu la procédure.

Du côté du club monégasque, la réaction se voulut mesurée : par la voix de son directeur de la communication, Julien Crévelier, l'institution indiqua ne pas avoir été formellement notifiée d'une plainte transmise par le PNF, tout en affirmant sa disponibilité à coopérer avec les autorités compétentes.

L'ASM rappela également avoir, préalablement à la signature du partenariat, observé toutes les diligences requises.

Défense et interrogations

Face à la controverse, le gouvernement congolais opposa un démenti catégorique. Sur le réseau X, Didier Budimbu dénonça avec vigueur des accusations qu'il jugea infondées, affirmant que le partenariat avait été validé par les instances gouvernementales compétentes et mis en œuvre dans le strict respect des normes financières, contractuelles et budgétaires en vigueur.

Dans son entourage, certains évoquèrent une tentative de déstabilisation, arguant que les fonds avaient été versés dans le cadre d'un projet soutenu au plus haut niveau de l'État, par le président Félix Tshisekedi.

Me Diakiese, pour sa part, considéra la transmission du dossier aux autorités monégasques comme une évolution favorable de la procédure. Initialement convaincu de la compétence du PNF en raison de l'inscription de l'AS Monaco dans le championnat français, il déclara attendre désormais les suites que réserverait le parquet de Monaco, n'excluant pas, le cas échéant, la saisine d'un juge d'instruction.

Au-delà de la stricte dimension judiciaire, l'affaire soulève une interrogation plus large quant à la pertinence et à la hiérarchisation des priorités publiques. L'avocat des plaignants rappelle qu'outre l'accord conclu avec Monaco, un partenariat d'un montant bien plus considérable aurait été signé avec le FC Barcelone, pour une somme évoquée de 86 millions d'euros.

Dans un pays où les infrastructures sportives demeurent largement déficientes et où nombre de stades ne répondent pas aux standards internationaux, la question de la contrepartie concrète pour la population congolaise se pose avec acuité.

Ainsi, entre ambition diplomatique et soupçons judiciaires, entre stratégie de visibilité internationale et exigences de reddition des comptes, le dossier Budimbu cristallise une tension récurrente : celle d'un État désireux d'affirmer sa présence sur la scène mondiale, mais sommé, dans le même mouvement, de démontrer la transparence irréprochable de ses choix financiers.

Le ministre des Sports de la République démocratique du Congo, a conclu un partenariat avec l'AS Monaco sans imaginer l'onde de choc que cette initiative provoquerait

Tite Gatabazi



Source : https://fr.igihe.com/Monaco-et-RDC-ou-un-contrat-controverse-de-sponsoring-au-tribunal.html