Reconnu coupable, entre autres, d'" association de malfaiteurs " pour avoir organisé des actes de violence, il incarnait pour ses détracteurs l'image d'un activisme radical ayant franchi les limites de la légalité.

Son procès, suivi avec attention, s'était soldé par une sentence lourde : la mort. Une décision qui traduisait, à l'époque, la gravité des faits retenus contre lui et la volonté affichée de sévir face aux violences imputées à certains groupes structurés.

Mais le destin judiciaire d'" Anti-balle " a connu un tournant décisif en appel. La juridiction supérieure a revu la qualification et la sévérité de la peine, commuant la condamnation à mort en une peine de deux ans d'emprisonnement.

Une réduction spectaculaire qui, mécaniquement, a ouvert la voie à sa remise en liberté.

Ayant déjà purgé dix-huit mois de détention à Makala â€" l'un des établissements pénitentiaires les plus emblématiques et surpeuplés du pays â€" Ngandu Wa Ngandu Kennedy ne devait plus que quelques mois au regard de la nouvelle peine. Selon une source proche du dossier, sa libération est intervenue " conformément aux règles en vigueur ", laissant entendre qu'aucune entorse procédurale n'aurait entaché l'exécution de la décision judiciaire.

Ce revirement soulève toutefois de nombreuses interrogations dans l'opinion. Comment expliquer un tel écart entre la sentence initiale et la décision en appel ? La réduction de peine repose-t-elle sur de nouveaux éléments de preuve, une requalification des faits ou une appréciation différente du degré de responsabilité de l'accusé ? Autant de questions qui alimentent les débats, dans un contexte où la crédibilité de la justice demeure un enjeu central.

Le mouvement Force du progrès/Lukunga, souvent décrit comme un groupe à la rhétorique offensive et aux méthodes musclées, s'est trouvé au cœur de plusieurs controverses.

La figure de son chef, surnommé " Anti-balle ", s'était imposée comme un symbole pour ses partisans, mais aussi comme un sujet de préoccupation pour les défenseurs de l'État de droit.

Au-delà du cas individuel, cette affaire met en lumière les tensions qui traversent le système judiciaire congolais : équilibre entre fermeté et équité, pression de l'opinion publique, et gestion des dossiers à forte charge politique.

La commutation d'une peine capitale en une peine correctionnelle interroge sur la cohérence des décisions rendues et sur la perception d'égalité devant la loi.

Pour l'heure, Ngandu Wa Ngandu Kennedy a retrouvé la liberté. Reste à savoir quel rôle il entendra désormais jouer dans l'espace public et politique, et si cette libération contribuera à apaiser ou à raviver les débats autour des mouvements se revendiquant du " progrès " mais accusés de violences.

Entre droit, politique et opinion, l'affaire " Anti-balle " illustre une fois de plus la complexité des trajectoires judiciaires en République démocratique du Congo et les lignes parfois mouvantes qui séparent la condamnation exemplaire de la réhabilitation anticipée.

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