En quelques instants, l'un des corridors économiques les plus déterminants de l'Est de la République démocratique du Congo s'est retrouvé neutralisé. Camions de ravitaillement, bus interurbains et véhicules de commerce sont désormais immobilisés de part et d'autre de la brèche. Si aucun décès n'a été signalé, les pertes matérielles, elles, sont importantes et les conséquences économiques déjà palpables.
La RN2 constitue en effet une artère essentielle pour l'acheminement des produits agricoles, des biens de consommation et pour la mobilité des populations entre les deux provinces. Son interruption menace l'équilibre des échanges commerciaux et pourrait entraîner une pression accrue sur les prix des denrées dans les centres urbains comme dans les zones rurales.
Des solutions provisoires face à l'urgence
Confrontées à cette situation critique, les autorités locales, en collaboration avec les habitants, ont engagé des mesures transitoires. Justin Kamanda, secrétaire administratif du groupement Buzi, a annoncé l'ouverture d'un itinéraire alternatif. " Nous avons décidé d'aménager une route de desserte agricole pour servir de déviation ", a-t-il indiqué à Radio Okapi.
Cette voie secondaire, initialement destinée aux activités rurales, offre une solution de contournement temporaire. Toutefois, son gabarit limité et son état ne permettent pas d'absorber un trafic intense, notamment celui des poids lourds. La circulation y demeure délicate et ne répond que partiellement aux besoins générés par la fermeture de la RN2.
Par ailleurs, un passage provisoire a été mis en place afin de faciliter la traversée des piétons. Écoliers, petits commerçants et riverains peuvent ainsi franchir la zone affectée grâce à une structure de fortune érigée dans l'attente d'une solution pérenne. Cette initiative, bien que modeste, témoigne de la mobilisation communautaire pour maintenir un minimum de connectivité.
Vers la reconstruction d'un ouvrage durable
Les services compétents ont entamé une expertise technique en vue de la construction d'un nouveau pont. Les autorités évoquent un rétablissement de la circulation dans un " délai raisonnable ", sans avancer de calendrier précis. L'objectif affiché est de mettre en place une infrastructure solide, capable de résister aux intempéries et d'assurer la continuité du trafic sur le long terme.
L'effondrement du pont Mubimbi remet en lumière la vulnérabilité des infrastructures routières dans une région régulièrement exposée à des pluies abondantes. Il souligne également la nécessité d'investissements durables pour sécuriser les axes stratégiques et prévenir de telles interruptions, aux répercussions sociales et économiques considérables.
En attendant la reconstruction, la RN2 demeure coupée, suspendant les échanges entre le Nord et le Sud-Kivu. Une situation qui rappelle, une fois encore, combien la solidité des infrastructures conditionne la vitalité économique et la cohésion territoriale de l'Est du pays.
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