Selon les informations communiquées par la police, le suspect a été appréhendé mercredi à Moyale, localité située près de la frontière avec l'Éthiopie. Il a ensuite été inculpé ce jeudi devant un tribunal antiterroriste à Nairobi pour avoir organisé, en 2025, le transfert de 25 Kényans vers la Russie sous de fausses promesses d'emploi.
Le porte-parole de la police, Michael Muchiri, a indiqué qu'Omwamba tentait de fuir après être revenu de Russie. D'après les enquêteurs, il utilisait de fausses offres d'emploi, promettant un travail rémunéré en Russie, afin de convaincre de jeunes chômeurs, ainsi que d'anciens militaires et policiers, de quitter le pays. Une fois sur place, nombre d'entre eux se seraient retrouvés envoyés au front dans le conflit en Ukraine, parfois contre leur gré.
Un phénomène d'ampleur nationale
La révélation la plus troublante est sans doute celle d'un rapport du service national de renseignement kényan, présenté récemment au Parlement. Selon ce document, plus de 1 000 Kényans auraient été recrutés pour combattre aux côtés des forces russes dans le conflit en Ukraine, un chiffre bien supérieur aux estimations précédentes.
Les familles de combattants portés disparus ou décédés ont récemment manifesté à Nairobi pour réclamer des explications aux autorités et exiger le rapatriement de leurs proches. Au Parlement, plusieurs députés ont appelé à l'arrestation d'autres personnes soupçonnées d'être impliquées dans ce réseau.
Selon le rapport de renseignement, 89 Kényans seraient encore actifs sur les lignes de front en Ukraine, 39 seraient hospitalisés, 28 portés disparus, et au moins un décès aurait été officiellement confirmé depuis le début de ces recrutements.
Le gouvernement kényan a en outre pointé du doigt des agences de recrutement clandestines ainsi que des responsables complices, évoquant même une possible collusion avec du personnel diplomatique russe. Moscou a fermement rejeté ces accusations, affirmant que l'engagement de citoyens étrangers dans ses forces armées se fait sur une base volontaire et conformément à la législation russe.
S'entretenant avec l'AFP début février, le ministre kényan des Affaires étrangères, Musalia Mudavadi, avait affirmé que des efforts diplomatiques étaient toujours en cours afin d'" obtenir la libération des Kényans détenus dans des prisons ukrainiennes et de rapatrier ceux se trouvant en Russie ".
IGIHE
Source : https://fr.igihe.com/Un-Kenyan-inculpe-pour-avoir-envoye-des-citoyens-combattre-en-Ukraine.html
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