Organisée par le Cercle de Recherche des Étudiants en Médecine, la rencontre visait à sensibiliser sur les risques croissants liés aux atteintes environnementales.

Les intervenants ont dressé un état des lieux alarmant, appelant à une prise de conscience collective face à une crise désormais palpable dans la vie quotidienne des habitants.

Intervenant principal, le professeur Serge Ndjadi, doyen de la faculté des sciences agronomiques et environnement de l'Université évangélique en Afrique, a mis en évidence une pression accrue sur les écosystèmes locaux.

Il a notamment évoqué la déforestation dans les zones périurbaines et rurales, qui fragilise les sols et accentue les phénomènes d'érosion et de glissements de terrain.

Selon lui, la disparition progressive du couvert végétal expose les populations à des catastrophes naturelles de plus en plus fréquentes.

Le scientifique a également dénoncé la mauvaise gestion des déchets dans la ville de Bukavu.

L'absence de systèmes efficaces de collecte et de traitement favorise l'accumulation d'ordures, l'obstruction des caniveaux et la pollution des eaux, notamment celles du Lac Kivu.

À cela s'ajoute l'usage non contrôlé de produits chimiques en agriculture, qui détériore les sols et contamine les ressources hydriques.

Face à cette situation, le professeur Ndjadi a plaidé pour une transition vers des pratiques agroécologiques, combinant savoirs locaux et approches scientifiques modernes, afin de restaurer les équilibres écologiques.

Des étudiants et chercheurs réunis en la grande salle de la faculté de Médecine de l'Université évangélique en Afrique lors de la conférence

Prenant la parole à son tour, le Professeur Bihehe, chef du département de la médecine interne de l'hôpital de Panzi a également insisté sur le lien étroit entre la dégradation de l'environnement et l'apparition des pathologies cancéreuses chez l'homme.

Dans son intervention, il a expliqué que l'exposition prolongée aux polluants, qu'ils soient d'origine industrielle, domestique ou liés à une mauvaise gestion des déchets, constitue un facteur majeur de risque dans le développement de plusieurs types de cancers.

Il a notamment évoqué la contamination de l'air, de l'eau et des sols par des substances toxiques, soulignant que ces éléments, souvent invisibles, s'infiltrent dans la chaîne alimentaire et affectent progressivement la santé humaine.

Selon lui, certaines pratiques courantes dans les milieux urbains comme ruraux, notamment la combustion anarchique des déchets, l'utilisation non contrôlée de produits chimiques ou encore l'insalubrité, exposent davantage les populations à des agents cancérigènes.

Le Professeur a ainsi appelé à une prise de conscience collective, insistant sur la nécessité de protéger l'environnement pour préserver la santé publique.

Il a plaidé pour des politiques environnementales plus strictes, une meilleure sensibilisation des communautés, ainsi qu'un engagement accru des autorités et des citoyens dans la lutte contre les facteurs environnementaux à l'origine des cancers.

Au terme des échanges, les participants ont souligné l'urgence d'intégrer la question environnementale dans les politiques publiques et les comportements individuels. En ce Mois Vert, cette conférence apparaît comme un signal d'alerte, rappelant que la santé des populations reste étroitement liée à la qualité de leur environnement.

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Source : https://kivuavenir.com/bukavu-uea-une-conference-scientifique-alerte-sur-le-lien-etroit-entre-degradation-de-lenvironnement-et-sante-humaine/