Organisé par le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, l'événement s'inscrivait dans le thème " Génération Z : contribution de la jeunesse pour un monde plus apaisé ". Dès l'ouverture, les discussions ont mis en lumière une francophonie en pleine expansion, portée en grande partie par le continent africain.

S'appuyant sur les données de l'Organisation internationale de la Francophonie, l'ambassadeur du Sénégal au Rwanda, également président du groupe des ambassadeurs francophones, Doudou Sow, a souligné le fait que le français compte aujourd'hui près de 396 millions de locuteurs.

" Le français est la langue de la jeunesse ", a-t-il insisté, soulignant que 65 % des francophones se trouvent en Afrique.

" Selon le rapport, sur la base des tendances actuelles, le français devrait être parlé par 590 millions de personnes en 2050, dont 9 sur 10 vivront en Afrique ", a-t-il ajouté, mettant en avant l'importance de promouvoir la langue française tant sur le continent qu'à l'échelle mondiale.

Dans ce contexte, la secrétaire d'État au ministère de la Jeunesse et des Arts, Sandrine Umutoni, a souligné la portée stratégique de la francophonie :

" Nous célébrons bien plus qu'une langue. Nous célébrons un espace commun de dialogue, de coopération et d'influence porté par plus de 300 millions, presque 400 millions très bientôt, de locuteurs à travers le monde ", a affirmé la ministre, insistant sur l'importance du multilinguisme.

" Le multilinguisme n'est plus un choix, c'est une nécessité stratégique. Pour le Rwanda, le français, aux côtés de nos autres langues officielles, constitue un levier essentiel pour élargir les opportunités de notre jeunesse, renforcer nos partenariats et positionner notre pays dans des espaces de dialogue globaux. "

La ministre Umutoni a exhorté les jeunes à " privilégier le dialogue plutôt que la division ", tout en utilisant leur voix " pour construire et non opposer "

Appelant à l'engagement des jeunes, la ministre Umutoni a exhorté à " privilégier le dialogue plutôt que la division " tout en utilisant leur voix " pour construire et non pour opposer ".

Au cœur des discussions, la place de la génération Z a été largement explorée. Pour l'ambassadrice de France au Rwanda, Aurélie Royet-Gounard, cette génération marque une rupture avec certaines idées reçues :

" C'est une génération exigeante, qui demande plus d'équité, plus de justice et qui veut être présente dans la prise de décision ", a-t-elle expliqué, évoquant également " une volonté d'être pleinement citoyen et de participer à son destin ".

Elle a par ailleurs insisté sur le rôle du français comme langue de dialogue dans un monde fragmenté, tout en alertant sur les défis du numérique :

" Ce qui est interdit dans la vie réelle doit l'être aussi sur internet ", a-t-elle déclaré, appelant à une régulation renforcée des contenus tout en rappelant l'existence d'outils comme la plateforme PHAROS.

Elle a également souligné l'importance de " produire du contenu en français " pour lutter contre la désinformation et influencer les systèmes d'intelligence artificielle.

La question des inégalités numériques a aussi été abordée par la créatrice de contenu Arlette Wissé, qui a mis en lumière une fracture persistante à l'échelle mondiale. Elle a rappelé le fait que des milliards de jeunes restent exclus d'internet, limitant leur accès aux opportunités, et a plaidé pour " une représentation plus inclusive de toutes les jeunesses ".

Évoquant son engagement personnel, elle a insisté sur l'importance de " proposer une perspective différente et valoriser les cultures africaines " dans un espace numérique encore dominé par d'autres narratifs.

Un panel a réuni les participants pour des débats et des échanges approfondies

L'artiste Loï (Inki) a, pour sa part, mis en avant le rôle de la culture comme vecteur de paix :

" Aujourd'hui, la diffusion est instantanée. Il faut être conscient de l'impact de ce que l'on transmet ", a-t-il affirmé, soulignant la responsabilité des créateurs à l'ère numérique, l'exemple de musiciens tels que Bob Marley ayant été évoqué pour illustrer le pouvoir de la musique dans les processus de réconciliation.

Les échanges avec le public ont par ailleurs confirmé une réalité largement partagée : la jeunesse est engagée et prête à agir, mais elle a besoin d'outils adaptés. Plusieurs intervenants ont ainsi souligné la nécessité de repenser les systèmes éducatifs et de renforcer l'accès aux technologies.

Les initiatives internationales ont également été mises en avant, notamment les programmes YouthConnekt, qui encouragent l'entrepreneuriat et le dialogue intergénérationnel.

Au terme de ce café-débat, les participants ont réaffirmé le fait que la francophonie constitue un levier stratégique pour promouvoir la paix, la coopération et l'inclusion, porté par une jeunesse dynamique appelée à jouer un rôle central dans la construction d'un avenir plus apaisé.

Un mois de mars riche en activités francophones

L'événement s'inscrit dans une série d'activités organisées tout au long du mois de mars, comprenant notamment des visites dans des écoles, des projections de films, un tournoi de football ainsi que l'événement " Francophonie en fête " au Centre culturel francophone.

Il coïncide également avec les Rencontres internationales du livre francophone à Kigali, consacrées cette année au thème : " La littérature comme fabrique de la citoyenneté ".

L'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), créée le 20 mars 1970 à Niamey, au Niger, est une institution fondée sur le partage de la langue française et de valeurs humanistes communes, regroupant aujourd'hui 93 États et gouvernements dont des membres de plein droit, des associés et des observateurs.

À Kigali, la Journée internationale de la francophonie, célébrée chaque 20 mars, a été marquée par un café-débat
La rencontre a réuni des diplomates, des responsables publics, des artistes et des jeunes autour d'échanges et de réflexions sur le rôle de la jeunesse dans la construction de la paix
La secrétaire d'État au ministère de la Jeunesse et des Arts, Sandrine Umutoni, a souligné la portée stratégique de la francophonie
L'ambassadeur du Sénégal au Rwanda, également président du groupe des ambassadeurs francophones, a souligné le fait que le français compte aujourd'hui près de 396 millions de locuteurs
L'ambassadrice de France au Rwanda, Aurélie Royet-Gounard, a expliqué que le français est un outil important pour le dialogue dans un monde en perpétuelle évolution
Les discussions ont mis en lumière une francophonie en pleine expansion, portée en grande partie par le continent africain
Organisé par le ministère rwandais des Affaires étrangères, l'événement s'inscrivait dans le thème " Génération Z : contribution de la jeunesse pour un monde plus apaisé "

Bertrand Tunezerwe



Source : https://fr.igihe.com/Kigali-la-jeunesse-francophone-mobilisee-pour-la-paix.html