Il réaffirme la rupture assumée avec Félix Tshisekedi, soulignant que l'accord conclu en 2019 entre sa famille politique et la plateforme Cach n'a jamais été respecté et qu'il n'en subsiste qu'une seule copie officielle.

Selon lui, la trahison de Tshisekedi et de son clan constitue la principale source des violations constitutionnelles et la prétendue révision de la Constitution n'est qu'un " tripatouillage dangereux " destiné à entériner une nouvelle mainmise sur le pouvoir.

Sur la question de la guerre, il rappelle qu'en 2001, à Luanda, il avait encouragé ses alliés à privilégier la négociation plutôt que le recours aux armes. L'option militaire ayant été choisie alors, il considère que les violences prolongées qui ensanglantent le pays depuis restent le résultat d'un choix politique qui ne saurait lui être imputé.

Il insiste également sur le caractère sacré de la Constitution de 2006, qu'il refuse de voir modifiée pour quelque raison que ce soit, dissociant fermement cette position de tout calcul personnel ou ambition de troisième mandat.

Une vision pour la paix et le renouvellement national

Au-delà des critiques, l'ancien Président se présente comme porteur d'une mission civique : mobiliser tous les Congolais, sur le territoire et en diaspora, contre " la tyrannie qui vient de s'installer ", en s'appuyant sur l'article 64 de la Constitution qui impose à chaque citoyen de résister à l'usurpation du pouvoir.

Le bilan de la période 2019-2026 est, selon lui, particulièrement sombre : retour d'armées étrangères sur le sol congolais, embrasement de l'Ituri, violences quotidiennes, autant de preuves d'une mauvaise gestion systémique du pouvoir actuel.

Il pointe également la Belgique, dont le soutien à l'actuel régime met en péril la crédibilité historique dans le pays, tout en saluant les efforts isolés de certains acteurs belges qui tentent de corriger ces dérives par la justice et l'éveil civique.

Concernant le Katanga, Kabila refuse toute lecture sécessionniste et insiste sur le rôle politique national de cette province stratégique. Pour lui, le changement réel ne pourra s'opérer qu'en réformant le système dans son ensemble, par un " balayage " complet de la classe politique et un travail de fond sur la conscience civique, afin d'éviter le spectre d'une Balkanisation ou la " soudanisation " du pays.

Cet entretien constitue un témoignage lucide et incisif, où Joseph Kabila, en sa qualité d'ancien Président, conjugue analyse historique, mise en garde politique et appel à une mobilisation citoyenne éclairée pour le salut de la République.

Dans un entretien exclusif accordé à Lalibre.be, l'ancien Président Joseph Kabila expose avec une clarté implacable sa lecture des cinq dernières années de gouvernance en RDC

Tite Gatabazi



Source : https://fr.igihe.com/L-ancien-President-Joseph-Kabila-met-en-lumiere-les-derives-du-pouvoir-actuel.html