Le Premier ministre s'exprimait lors de l'ouverture de la Réunion de concertation des dirigeants des organes centraux et locaux de l'État, une rencontre d'une journée organisée à l'École supérieure militaire de Gako.
La rencontre a notamment abordé les normes de conduite attendues des dirigeants, le développement du pays et l'offre de services de qualité aux citoyens, les principaux problèmes identifiés étant une planification insuffisante et un manque de coordination entre les différents secteurs.
Il a également été souligné le fait que certains projets peuvent être initiés par des ministères alors que la participation des opérateurs privés est également prévue, le manque de coordination entravant la réalisation des objectifs escomptés, insistant sur la nécessité de suivre chaque activité de manière efficace.
" Lorsque de tels projets demeurent inactifs, de nombreuses opportunités d'emploi sont perdues, plusieurs opportunités restent inexploitables et nos concitoyens ne peuvent pas pleinement bénéficier de leur développement ", a souligné le Premier ministre, citant notamment l'exemple d'un marché à Nyagatare, dont la construction a coûté 1,5 milliard de francs rwandais, mais qui reste inutilisé deux ans plus tard, submergé actuellement par de la végétation sauvage.
Le Premier ministre a insisté sur l'importance du rôle des dirigeants dans le suivi des projets : " Vous devez aller au-delà du simple suivi et vous engager activement dans la planification de ces initiatives, en posant toutes les questions pertinentes, car personne ne connaît mieux les districts que vous, qui en assumez la direction. "
Il a exhorté les responsables à prendre des décisions concrètes, à montrer l'exemple, à lever les obstacles et à chercher des solutions innovantes à tous les niveaux, tout en acceptant d'être tenus pour responsables des résultats obtenus.
Cette réunion intervient par ailleurs dans un contexte où le Rapport de l'Autorité nationale de gouvernance relève une régression de la qualité des services rendus, qui est passée de 78,2 % en 2023 à 75,8 % en 2024, puis à 71,7 % en 2025.
Pour sa part, le ministre des Finances et de la Planification, Dr Yusuf Murangwa, a souligné qu'au Rwanda, de nombreuses activités sont désignées comme urgentes, indiquant que lorsque tout est considéré comme prioritaire, cela engendre des difficultés. Il a appelé à une planification rigoureuse, permettant de hiérarchiser les projets réellement urgents, de mobiliser le personnel et les ressources nécessaires, et d'assurer leur exécution dans les délais impartis.
Le maire du district de Rubavu, Mulindwa Prosper, a, quant à lui, affirmé que l'absence de coordination dans la planification entraîne d'importantes pertes et compromet la confiance des citoyens envers leurs dirigeants. " Les pertes sont importantes et constatables dans plusieurs districts, certains projets étant restés au point mort ou réalisés sans jamais être exploités après leur achèvement ", a-t-il déclaré.
" Il nous incombe de quitter ce lieu en réaffirmant notre engagement à fournir des services de qualité, rendus dans les délais fixés. Nous devons mettre tout en uvre afin que les citoyens perçoivent la proximité de l'État, qu'ils se sentent écoutés et que celui-ci s'emploie à remplir pleinement ses responsabilités pour leur bien-être. Il convient de garder à tout moment à l'esprit que l'accès à un service de qualité constitue un droit fondamental pour chaque citoyen ", a insisté le Premier ministre.
IGIHE
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