Le ministre du Commerce et de l'Industrie, Prudence Sebahizi, a averti que la fermeture du détroit d'Ormuz, passage stratégique du commerce mondial du pétrole, représente un défi majeur pour les pays importateurs, y compris le Rwanda. Toutefois, il a assuré que Kigali avait déjà activé des plans de contingence afin d'éviter des perturbations immédiates pour les consommateurs.

Les frappes menées par les États-Unis et Israël ont débuté le 28 février 2026, l'Iran ripostant contre plusieurs pays voisins, notamment le Qatar, l'Arabie saoudite, le Koweït et Bahreïn. Cette escalade a perturbé le trafic dans le détroit d'Ormuz, par lequel transite environ 20 % du pétrole commercialisé à l'échelle mondiale.

S'exprimant auprès de la 'Rwanda Broadcasting Agency' (RBA), M. Sebahizi a souligné l'impact direct sur les produits pétroliers. " Près d'un cinquième du pétrole échangé dans le monde passe par ce corridor. Les pays dépendants des produits pétroliers importés seront inévitablement affectés ", a-t-il indiqué, précisant qu'une grande partie du carburant destiné à l'Afrique de l'Est emprunte cette route.

Pays enclavé, fortement dépendant des importations, le Rwanda travaille avec ses fournisseurs pour garantir que les cargaisons déjà en transit arrivent sans retard, tout en renforçant les réserves nationales.

" Nous coordonnons avec les importateurs afin d'assurer que les cargaisons ayant déjà franchi les zones affectées arrivent rapidement. L'objectif est de constituer des stocks suffisants pour maintenir la stabilité du marché intérieur si les tensions s'apaisent dans les mois à venir ", a expliqué le ministre.

Il a également révélé que des investisseurs privés se sont engagés à construire de nouvelles infrastructures de stockage, permettant au pays d'augmenter ses capacités de réserve. " Nous devons accélérer le développement des infrastructures de stockage afin que le pays puisse conserver du carburant plus longtemps et réduire sa vulnérabilité aux chocs extérieurs ", a-t-il insisté.

Par ailleurs, les autorités examinent les stratégies commerciales nationales, notamment la diversification des sources d'approvisionnement pour les biens importés d'Asie, afin de limiter les risques liés aux perturbations logistiques et aux hausses des prix sur les marchés internationaux.

Le détroit d'Ormuz, situé entre l'Iran et Oman, assure le passage quotidien de 16 à 21 millions de barils de pétrole. Les principaux exportateurs membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), dont l'Iran, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Koweït, dépendent fortement de ce corridor pour alimenter les marchés asiatiques.

Au Rwanda, les prix des carburants ont déjà connu une hausse ces derniers mois : l'essence est fixée à 1 989 francs rwandais le litre et le diesel à 1 900 francs rwandais le litre depuis novembre 2025. Le gouvernement affirme suivre de près l'évolution de la situation internationale afin de préserver la stabilité économique nationale.

Le Rwanda a défini une série de mesures visant à gérer les éventuels effets économiques du conflit en cours impliquant les États-Unis, Israël et l'Iran

IGIHE



Source : https://fr.igihe.com/Le-Rwanda-anticipe-les-impacts-economiques-du-conflit-US-Israel-Iran.html