L'illusion selon laquelle des engagements purement formels suffiraient à neutraliser cette force armée appartient désormais au registre de l'invraisemblable et suscite un scepticisme non seulement légitime, mais absolument nécessaire.

Les pourparlers des 17 et 18 mars, axés sur la mise en œuvre de l'Accord de Washington, ont une fois encore vu le régime congolais réitérer le rituel diplomatique des promesses éphémères : entreprendre des " efforts intensifiés et limités dans le temps " en vue de démanteler les FDLR. Or, cette formulation, vidée de sa substance par la mémoire des engagements antérieurs non tenus, confine aujourd'hui à l'absurde et met en lumière l'écart abyssal entre les déclarations solennelles et la réalité opérationnelle sur le terrain.

L'expérience historique interdit toute confiance naïve. Depuis des années, Kinshasa s'est engagée, avec une constance trompeuse, à neutraliser les FDLR, tandis que ses manquements ont été scrutés et dénoncés par des observateurs régionaux et internationaux.

L'ombre d'une connivence implicite avec cette milice, héritière d'une tragédie génocidaire, continue de peser lourdement sur la stabilité de l'Est de la RDC et sur la sécurité de l'ensemble de la région des Grands Lacs. La répétition de promesses non tenues alimente un doute systématique quant à la sincérité et à l'effectivité de tout engagement nouveau.

Pour autant, le dialogue de Washington n'est pas dépourvu d'enseignements. Il révèle avec acuité la perception que l'administration américaine a de la crise congolaise : l'exigence de délais précis et d'efforts tangibles traduit la prise en compte d'une réalité longtemps éludée par des pressions diplomatiques intermittentes et dispersées.

Kinshasa, confrontée à cette exigence structurée et implacable, est désormais placée face à ses responsabilités historiques. L'heure des comptes approche : la rhétorique et les formules toutes faites doivent céder la place à une action concrète, mesurable et vérifiable.

Plus encore, il n'est plus temps de se cantonner à des positions tranchées ni à des jugements unilatéraux. Il devient impératif d'éclaircir les zones d'ombre qui entourent les crises récurrentes à l'Est, de saisir la complexité des interactions entre acteurs locaux et régionaux, et d'évaluer avec rigueur les implications stratégiques de chaque engagement ou manquement.

La stabilité durable des Grands Lacs congolais dépend de cette lucidité : seule une combinaison de volonté politique authentique, de transparence dans les actes et de coordination régionale pourra rompre le cycle des promesses répétées et des résultats absents, transformant enfin les engagements diplomatiques en sécurité tangible et pérenne pour la région.

L'heure est venue pour le président Félix Tshisekedi de rompre avec la tricherie, le mensonge, la manipulation et la falsification des faits

Tite Gatabazi



Source : https://fr.igihe.com/L-heure-des-comptes-a-sonne-pour-Tshisekedi-verite-responsabilite-et-imperatif.html