Dans un entretien accordé au journaliste Joshua Barnes pour le média 'Firstpost', M. Nduhungirehe a dénoncé le soutien dont bénéficient les FDLR de la part du gouvernement congolais, affirmant que ce groupe, en coordination avec d'autres forces armées dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), cherche à détruire les acquis du Rwanda depuis plus de trente ans.

" Il s'agit d'un conflit qui dure depuis plus de 30 ans… Un million de personnes ont été tuées en trois mois, sur une population estimée à 7,5 millions d'habitants ", a rappelé le ministre.

" Le problème auquel nous sommes confrontés est que ceux qui ont commis le génocide ont traversé la frontière. Ils n'ont jamais été désarmés ; au contraire, certains ont été intégrés dans l'armée de la RDC. Depuis la RDC, ils attaquent le Rwanda depuis 30 ans. C'est pourquoi le Rwanda a déployé des mesures défensives le long de ses frontières afin de prévenir de telles attaques ", a ajouté M. Nduhungirehe.

Le ministre a souligné que, si Kigali s'efforce de poursuivre sa reconstruction et son développement, de l'autre côté de la frontière subsistent des milices porteuses d'une idéologie génocidaire, affirmant que le Rwanda s'était engagé dans le processus de Washington avec la RDC pour répondre aux préoccupations sécuritaires liées notamment à la présence des FDLR.

" Nous nous sommes accordés sur un accord de paix comprenant un cessez-le-feu et un volet sécuritaire visant à neutraliser ce groupe, pour que le Rwanda puisse lever ses mesures défensives. Au lieu de cela, nous avons constaté une intensification des frappes aériennes menées par des avions de chasse et des drones du gouvernement de la RDC ", a expliqué Nduhungirehe.

Des sanctions américaines " contre-productives "

Interrogé sur les récentes sanctions des États-Unis à l'encontre des Forces de défense rwandaises (RDF) et de quatre de leurs hauts responsables, M. Nduhungirehe les a qualifiées de " contre-productives ".

Il a rappelé que des sanctions similaires avaient déjà été imposées lors du premier conflit du M23 entre 2012 et 2013, mais que le conflit avait resurgi des années plus tard, les causes profondes n'ayant jamais été traitées.

" La question aujourd'hui devrait être de s'attaquer aux causes profondes afin que ce conflit prenne fin une fois pour toutes ", a-t-il déclaré.

Le ministre Nduhungirehe a également mis en garde contre la résurgence de discours de haine dans la région, rappelant la sensibilité particulière du Rwanda à ce sujet, tout en pointant l'idéologie génocidaire, notamment à travers l'emploi de termes déshumanisants visant les Tutsi - utilisés au Rwanda avant le génocide - qui demeure perceptible en RDC, y compris dans certaines déclarations de responsables publics.

" Nous savons combien nous avons souffert et nous savons que nous vivons sous des menaces existentielles. Ce qui s'est passé en 1994 ne se reproduira jamais ", a affirmé M. Nduhungirehe, réitérant la détermination du Rwanda à protéger sa population et l'intégrité de ses frontières.

Le ministre Nduhungirehe a réaffirmé la détermination du Rwanda à protéger sa population et l'intégrité de ses frontières face aux menaces sécuritaires

Bertrand Tunezerwe



Source : https://fr.igihe.com/Nduhungirehe-Le-Rwanda-reste-determine-a-proteger-sa-population-et-ses.html