Dans une correspondance adressée au coordonnateur national de l'organisation humanitaire World Vision, ces derniers affirment n'avoir reçu aucun remboursement de frais de transport plusieurs semaines après la fin des activités du projet.
Selon les informations recueillies, les 60 facilitateurs avaient été formés il y a plus de cinq mois avant d'être déployés dans les communautés afin d'encadrer 600 pères modèles dans le cadre de la promotion de la masculinité positive et du changement de comportements au sein des familles. Pendant quatre mois, les participants se sont réunis régulièrement à raison d'une rencontre hebdomadaire afin de mener des activités de sensibilisation et d'échanges dans leurs milieux respectifs.
Cependant, plus d'un mois après la clôture des activités, les 600 pères modèles et 60 facilitateurs, qui se considèrent aujourd'hui comme victimes de cette situation, affirment qu'aucun remboursement des frais de transport promis ne leur a été versé.
Ils dénoncent également un manque de communication autour de la gestion du projet, une situation qui, selon eux, a progressivement entamé la confiance entre les acteurs communautaires et l'organisation partenaire.
Certains facilitateurs évoquent en outre des pressions et menaces dont ils auraient fait l'objet. Une situation jugée préoccupante par ces acteurs communautaires, qui estiment que leur engagement volontaire pour l'amélioration du bien-être familial et communautaire ne devrait en aucun cas exposer les participants à des intimidations ou à des traitements jugés injustes.
Plusieurs observateurs locaux estiment par ailleurs qu'il est inadmissible de faire travailler des personnes dans le cadre d'un projet communautaire sans honorer les engagements financiers ou logistiques prévus, même lorsqu'il s'agit d'un appui modeste comme les frais de transport.
Ils appellent à une clarification rapide de la situation afin de préserver la crédibilité des initiatives communautaires et la confiance entre partenaires et bénéficiaires.
Ils soulignent également que si ces dysfonctionnements résultaient d'initiatives isolées de certains agents sur le terrain, sans que la hiérarchie ou l'organisation partenaire n'en soit informée, il serait nécessaire que les responsables de World Vision en soient saisis afin de diligenter des vérifications et de prendre les mesures appropriées.
Face à cette situation, les concernés appellent les autorités administratives, sanitaires et humanitaires à s'impliquer afin de favoriser un dialogue et trouver une solution rapide à ce différend. La correspondance a été transmise pour information à plusieurs institutions, notamment aux autorités territoriales de Kabare et Walungu, à la Division provinciale de la santé ainsi qu'aux responsables des zones de santé de Nyantende et Nyangezi.
Jusqu'à présent, aucune réaction officielle de World Vision n'a encore été rendue publique concernant ces accusations.
Christian Balemba
L'article Sud-Kivu : 660 acteurs communautaires du projet ADH dénoncent le non-paiement de leurs frais par World Vision à Nyantende et Nyangezi est apparu en premier sur Kivu-Avenir.
0 Commentaires