En effet, les Forces armées de la RDC (FARDC) ont déclaré, le 29 mars 2026, avoir dépêché leur chef d'état-major adjoint, le Lt. Gen. Nduru Jacques Ychaligonza, à Kisangani pour préparer des opérations de désarmement des combattants des FDLR. " Ils doivent remettre leurs armes volontairement ou de force ", a affirmé le Lt. Gen. Nduru aux médias.
Commentant ces déclarationssur X à la suite d'un reportage de RFI, le Ministre Nduhungirehe a souligné que " La mise en uvre des Accords de Washington pour la Paix et la Prospérité requiert des actions concrètes sur le terrain, et non des paroles sans lendemain, des éternelles promesses jamais matérialisées, des "sensibilisations" sans fin, ou encore une cacophonie gouvernementale sur l'existence ou la dangerosité des génocidaires FDLR ".
Le Concept d'Opérations (CONOPS) prévu par l'accord de paix signé à Washington le 4 décembre 2025, avec le soutien des États-Unis, indique que la levée des mesures de sécurité rwandaises sera précédée par des actions concrètes de la RDC visant à neutraliser les FDLR.
Toutefois, nombreux sont ceux qui restent sceptiques quant à l'efficacité de cette initiative. Le Colonel (à la retraite) Augustin Nshimiyimana, alias Col Bora, ancien membre des FDLR, a exprimé à IGIHE son profond scepticisme.
" S'ils avaient réellement l'intention d'agir, ils devraient commencer par Kinshasa, là où se trouvent les FDLR, d'autant qu'il subsiste encore des membres de ce groupe au sein des FARDC. Ces déclarations sont trompeuses : plutôt que d'annoncer l'opération, ils devraient agir immédiatement. Comment envisager une opération crédible alors que ces membres sont déjà incorporés dans les rangs de l'armée régulière ? "
Selon les données, le nombre de combattants FDLR est estimé entre 7 000 et 10 000. Le Rwanda a régulièrement pointé le soutien dont bénéficie ce groupe génocidaire de la part de Kinshasa, ses combattants participant ouvertement aux combats dans l'est de la RDC aux côtés de l'armée congolaise.
Le Rwanda réaffirme toujours son engagement envers l'Accord de paix de Washington et soutient le processus de Doha, insistant sur le fait que seules des actions concrètes permettront de garantir la sécurité et la stabilité dans la région des Grands Lacs.
IGIHE
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