Le Président Kagame s'exprimait lors d'un entretien accordé à Jeune Afrique, publié ce 3 mars sur les plateformes du média.
Le chef de l'État a réaffirmé que les mesures prises par le Rwanda relèvent exclusivement de la défense nationale, insistant sur le fait que le pays ne saurait lever ses dispositifs sécuritaires tant que subsistent des menaces, en particulier celles associées aux FDLR, groupe génocidaire opérant dans l'est congolais.
Le Président a expliqué que demander au Rwanda de retirer ses mesures de défense sans procéder à la neutralisation des menaces relève d'une logique incohérente, soulignant que ces mesures peuvent inclure différents moyens, selon l'évolution de la situation sur le terrain.
Réagissant aux sanctions imposées notamment par le Département du Trésor des États-Unis, visant les Forces de Défense du Rwanda et certains de ses responsables, le Président Kagame a dénoncé une approche " déséquilibrée ". Il estime que la pression internationale se concentre sur le Rwanda sans tenir compte des responsabilités des autres acteurs du conflit.
Le Président de la République a également contesté certaines interprétations internationales d'événements récents, notamment la prise de villes dans l'est de la RDC par l'AFC/M23, considérant que ces analyses ignorent le contexte antérieur aux accords diplomatiques et reposent sur une lecture partielle de la situation.
Une responsabilité partagée dans la résolution du conflit
Le Président Kagame a insisté sur le fait que la résolution de la crise implique plusieurs parties, dont la RDC et les partenaires internationaux, appelant à une mise en uvre équilibrée des engagements pris dans les différents accords, pointant le fait que ces derniers n'ont pas toujours été respectés.
Il a également évoqué le rôle des États-Unis dans les efforts de médiation, estimant que leur action devrait rester impartiale pour être efficace.
Concernant ses relations avec le président congolais Félix Tshisekedi, le Président Kagame a laissé ouverte la possibilité d'un dialogue futur, indiquant toutefois être " à l'aise avec le statu quo " actuel.
S'agissant des zones contrôlées par le M23, le chef de l'État a estimé que la situation sécuritaire y est actuellement meilleure qu'auparavant, notamment dans des villes comme Goma ou Bukavu, affirmant que cette évolution a largement contribué à renforcer la sécurité de la frontière rwandaise.
Face aux accusations selon lesquelles le Rwanda chercherait à maintenir une zone d'influence dans l'est de la RDC, le Président Kagame a mis en avant l'objectif de " coexistence pacifique " et la nécessité de garantir la sécurité nationale.
Il a par ailleurs rejeté les critiques liant l'engagement du Rwanda à des intérêts miniers, affirmant que le pays dispose de ses propres ressources et qu'il s'inscrit dans des mécanismes de traçabilité des minerais.
L'entretien a également porté sur la présence de l'ancien président congolais Joseph Kabila dans l'est du pays, le Président ayant présenté l'initiative comme relevant de choix individuels dans un contexte politique interne congolais.
Le Président rwandais a évoqué la question de l'engagement militaire du Rwanda au Mozambique, soulignant le fait que les financements dont bénéficie la mission sont d'abord bénéfiques au Mozambique et à sa sécurité, notant également que le Rwanda figure parmi les principaux contributeurs à la mission au bénéfice de la sécurité du Mozambique. La poursuite de cette mission dépendra notamment des conditions de financement et de partage des coûts.
IGIHE
Source : https://fr.igihe.com/Le-President-Kagame-defend-la-posture-securitaire-du-Rwanda-41579.html
0 Commentaires