Selon les autorités, cette opération majeure illustre la confiance des investisseurs dans la gestion budgétaire du pays, malgré la volatilité des marchés financiers mondiaux.

Dans un communiqué publié mardi 14 avril, le ministère des Finances et de la Planification économique a précisé que le prêt commercial lié à ce financement est assorti d'une échéance de 15 ans et d'un délai de grâce de six ans. Cette structure en fait un élément central de la stratégie gouvernementale visant à réduire le coût de l'endettement et à assurer une gestion durable de la dette publique.

Le ministère qualifie cette opération d'élément d'une " approche prudente et proactive de la gestion de la dette souveraine ", précisant que le Rwanda entend privilégier de manière systématique les financements mixtes afin de garantir un coût d'endettement plus faible, un profil de remboursement plus équilibré et un accès élargi à des sources de financement stables.

L'accord repose sur le soutien de deux institutions clés du Groupe de la Banque mondiale : l'Association internationale de développement (IDA) et l'Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA). La structure combine une garantie de politique de l'IDA, offrant une couverture de première perte, et une garantie de la MIGA agissant comme couverture de seconde perte. Ce mécanisme de garanties à plusieurs niveaux permet de réduire le risque pour les prêteurs et d'obtenir des conditions de financement plus compétitives pour le Rwanda.

Le pays devient ainsi le premier à bénéficier de la politique révisée de la MIGA autorisant des garanties de seconde perte lorsque l'IDA fournit une couverture de première perte, une innovation présentée comme un modèle pionnier dans le financement souverain.

L'opération a été conclue dans un contexte marqué par des tensions géopolitiques accrues et un durcissement des conditions de crédit sur les marchés émergents. Malgré cet environnement difficile, le Rwanda affirme avoir obtenu des conditions jugées particulièrement favorables, traduisant la confiance des investisseurs internationaux dans son profil de crédit.

Dans le cadre de sa stratégie de gestion de la dette, le gouvernement a également négocié un délai de grâce de six ans, permettant de différer le remboursement du principal jusqu'à l'échéance de l'euro-obligation en cours. Cette mesure vise à éviter les pressions liées au refinancement et à maintenir une trajectoire stable du service de la dette.

Le ministère souligne que la combinaison d'une longue durée de remboursement, d'un délai de grâce prolongé et de conditions financières particulièrement avantageuses démontre concrètement les bénéfices du financement mixte pour le pays.

Les fonds issus de cette facilité seront destinés au soutien budgétaire général, conformément à un programme de développement appuyé par la Banque mondiale, ciblant une croissance inclusive et la création d'emplois dans plusieurs secteurs, notamment les infrastructures, la santé, l'éducation, l'agriculture et l'industrie.

Cette opération s'inscrit dans la continuité d'un prêt lié aux critères ESG de 200 millions d'euros conclu en 2024. Elle intervient dans un contexte d'amélioration du sentiment de crédit, marqué par les récentes décisions de Fitch Ratings et de Moody's, qui ont confirmé des perspectives stables et souligné le renforcement des indicateurs budgétaires ainsi que la poursuite des réformes structurelles.

Le ministre des Finances, Yusuf Murangwa, a salué ce financement, soulignant l'engagement du gouvernement en faveur d'une gestion innovante de la dette.

" Ce financement historique démontre l'engagement inébranlable du Rwanda en faveur d'une gestion innovante et prudente de la dette ", a-t-il déclaré. " Le financement mixte est au cœur de notre stratégie d'emprunt, nous permettant d'obtenir des financements à long terme à un coût exceptionnellement compétitif, tout en maintenant un profil de remboursement régulier et en préservant la soutenabilité de notre dette. "

M. Murangwa a de plus noté le fait que la structure de garantie " témoigne de la solidité du partenariat avec le Groupe de la Banque mondiale et constitue un modèle pour les futures opérations ".

Le Rwanda a conclu un accord de financement mixte d'un montant de 213 millions d'euros soutenu par le Groupe de la Banque mondiale

IGIHE



Source : https://fr.igihe.com/Rwanda-premier-recours-a-une-garantie-de-la-Banque-mondiale-dans-un-financement.html