Au fil des années, l'usure des infrastructures routières s'est accentuée. Les chaussées défoncées, les épais nuages de poussière en saison sèche, les ralentissements permanents et les risques d'accidents rythment désormais la vie de milliers de Bukaviens.
Notre rédaction s'est rendue sur trois artères majeures de la Ville, ce samedi 11 juillet 2026, afin d'évaluer l'ampleur de cette dégradation.
Yesuyesu 2 : une route stratégique transformée en parcours d'obstacles
Entre la Place de l'Indépendance, le Lycée Wima et Ciriri, le tronçon de Yesuyesu 2 concentre les préoccupations des usagers. Cette route dessert plusieurs établissements d'enseignement supérieur, notamment l'Université Catholique de Bukavu (UCB), l'Université Officielle de Bukavu (UOB) et l'Institut Supérieur des Techniques Médicales (ISTM), en plus de nombreux quartiers résidentiels.
À certaines heures de la journée, les véhicules avancent au ralenti, cherchant à contourner de profondes excavations qui déforment la chaussée. Les motocyclistes slaloment entre les obstacles tandis que les piétons cherchent un passage sûr.
Pour les conducteurs, cette situation représente un coût économique important.
Nous dépensons davantage pour les réparations. Les amortisseurs, les pneus et d'autres pièces s'usent rapidement. À cela s'ajoutent la fatigue physique et les longues heures perdues dans les embouteillages , explique un chauffeur de taxi.
Les riverains évoquent également les conséquences humaines de cette dégradation. Une commerçante, qui emprunte quotidiennement cet itinéraire pour rejoindre son lieu de travail au centre-ville, affirme que la situation perdure depuis plusieurs années.
" Nous n'avons pas d'autre itinéraire. Chaque déplacement devient une épreuve. Des accidents se produisent régulièrement et certaines familles en portent encore les séquelles. Nous souhaitons que cette route soit réhabilitée avant que d'autres drames ne surviennent ", témoigne-t-elle.
Industriel – Kadutu : la poussière et les embouteillages aggravent les difficultés
Sur l'axe reliant la Place de l'Indépendance au quartier Industriel puis au marché de Kadutu, les difficultés prennent une autre dimension.
En saison sèche, d'importants nuages de poussière enveloppent les habitations, les commerces et les usagers. Les ralentissements deviennent fréquents et les temps de parcours s'allongent sensiblement.
Les habitants rencontrés et interrogés dénoncent également une hausse progressive du coût du transport, les chauffeurs répercutant les frais d'entretien de leurs véhicules sur les tarifs appliqués aux passagers.
Pour plusieurs commerçants, cette situation affecte directement les activités économiques, ralentissant les échanges et compliquant l'approvisionnement des marchés.
Carrefour ONL – Janda : une circulation sous tension permanente
Le constat demeure préoccupant sur l'axe reliant le carrefour ONL à la place dite Janda.

Les nombreux affaissements de la chaussée obligent les conducteurs à multiplier les manuvres d'évitement, créant des situations à risque, particulièrement aux heures de forte affluence.
Les piétons, notamment les élèves qui fréquentent les établissements scolaires voisins, traversent quotidiennement une route où la prudence est devenue indispensable.
Pour plusieurs habitants, la sécurité routière constitue désormais une préoccupation majeure.
Une question de développement urbain
Au-delà des difficultés de circulation, l'état des routes soulève la question plus large de la planification urbaine et de l'entretien des infrastructures publiques.
Urbanistes et acteurs du transport rappellent pourtant, sans cesse que la qualité de la voirie influence directement la mobilité, la sécurité, l'activité économique, l'accès aux services essentiels ainsi que le cadre de vie des populations.
Dans une ville en pleine croissance démographique comme Bukavu, le maintien d'infrastructures routières fonctionnelles apparaît comme un levier essentiel du développement urbain.
Les usagers réclament des réponses
Face à cette situation, conducteurs, commerçants, étudiants et habitants lancent un appel aux autorités provinciales et urbaines afin que la réhabilitation des principaux axes routiers figure parmi les priorités des investissements publics.
Nous avons tenté de joindre le chef du quartier Karhale afin de recueillir la réaction des autorités locales sur l'état de ces infrastructures. Malgré plusieurs sollicitations, aucune réponse n'avait été obtenue au moment de la publication.
En attendant d'éventuelles interventions, les Bukaviens continuent d'affronter chaque jour les conséquences d'un réseau routier en déclin, où la mobilité, la sécurité et l'économie locale demeurent étroitement liées à l'urgence d'une réhabilitation durable des infrastructures.
Josué Christian et Christian Balemba
L'article Bukavu : quand les routes s'effondrent, la ville ralentit est apparu en premier sur Kivu-Avenir.
Source : https://kivuavenir.com/bukavu-quand-les-routes-seffondrent-la-ville-ralentit/
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