Le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a lancé le jeudi 25 juin les activités de prospection géologique du projet MICKA, pour Mines de cuivre du Kasaï, à Katende, dans le territoire de Miabi, province du Kasaï-Oriental. La cérémonie s'est tenue devant des députés nationaux et provinciaux, les autorités politico-administratives de la province, le secrétaire général aux Mines et les responsables des structures sous tutelle du ministère. Elle a été marquée par la signature d'un protocole d'accord entre la Société minière de Bakwanga (MIBA) et la firme chinoise China Railway Resources Universal (CRRU), suivie du lancement symbolique des opérations.

Ce qui a commencé à Miabi est une recherche. Les équipes doivent évaluer le potentiel en cuivre des sous-sols de deux territoires, Miabi et Kabeya-Kamwanga. Aucun tonnage, aucune teneur, aucune estimation de ressources n'a été rendue publique par le ministère, par la MIBA ou par CRRU. Le projet ne dispose ni d'étude de faisabilité, ni de réserves prouvées, ni de permis d'exploitation. Entre la campagne de sondages qui s'ouvre et une éventuelle mine s'intercalent l'exploration, l'estimation des ressources, les études d'impact environnemental et social, la validation économique du projet et son financement. Le cycle minier commence à peine.

Le montage associe trois acteurs : la MIBA, entreprise publique, LBK Construction SARL et CRRU. " Katende (Kasaï-Oriental), le 25 juin 2026, une nouvelle ère minière s'ouvre pour le Kasaï ", écrit la MIBA dans le communiqué de sa cellule de communication, qui présente l'opération comme " une étape cruciale pour la diversification des activités de la MIBA et la relance économique de la région ". La société d'État a bâti son nom sur le diamant. Le Kasaï-Oriental en est le bassin historique, et la relance de la MIBA reste un chantier ouvert.

Dans son allocution, le ministre a rattaché la campagne à la politique du gouvernement en matière de connaissance du sous-sol. " Près de 90% des ressources potentielles de la RDC demeurent encore à découvrir ", a-t-il affirmé, une donnée dont il tire la justification des travaux de cartographie et de recherche géologique engagés par l'État. Selon lui, ces données doivent orienter les investissements dans le secteur minier et favoriser une répartition plus équilibrée des opportunités de développement sur le territoire. Il a situé la démarche dans la vision du président Félix Tshisekedi, mise en œuvre sous la coordination de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka.

Le ministre a salué l'engagement des partenaires et s'est adressé aux populations des deux territoires concernés. " Accompagnez cette initiative porteuse d'espoir pour le Grand Kasaï et pour toute la République Démocratique du Congo ", a-t-il déclaré.

La géographie du cuivre congolais explique l'attention portée à cette campagne. La production du métal rouge se concentre dans le Grand Katanga, autour du Lualaba et du Haut-Katanga, où opèrent les grands complexes industriels du pays. Le Grand Kasaï n'y figure pas. Aucune production de cuivre à l'échelle industrielle n'y a été enregistrée, et le sous-sol de Miabi et de Kabeya-Kamwanga n'a pas fait l'objet d'un inventaire public.

Ce que la campagne établira, ou n'établira pas, reste devant. Les sondages doivent d'abord dire s'il y a du cuivre, en quelle quantité et à quelle teneur. Viendront ensuite les questions du coût d'extraction, de l'énergie disponible, de l'évacuation de la production et de l'acceptabilité environnementale et sociale. Le calendrier de ces phases n'a pas été communiqué. Ni le montant investi dans la prospection, ni le nombre de sondages prévus, ni la durée de la campagne ne l'ont été non plus.

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