Le seuil des 3 000 cas confirmés est dépassé. Selon le rapport de situation numéro 071 du Centre d'opérations d'urgence de santé publique de l'Institut national de santé publique, arrêté au 24 juillet et publié le lendemain, la dix-septième épidémie de maladie à virus Ebola totalise 3 075 cas confirmés et 1 354 décès parmi ces cas confirmés, soit une létalité de 44,0 %, pour 556 guéris et 755 patients en isolement, dont 291 confirmés et 464 suspects. Aucune zone de santé nouvelle n'a été atteinte en vingt-quatre heures : le cumul reste à 48 sur les 140 que comptent les cinq provinces affectées, dont 47 en transmission active.
Sur la même journée, l'institut recense 102 nouvelles confirmations. Le rapport précédent, arrêté au 23 juillet, en comptait 68. L'Ituri en déclare 87, notifiées surtout à Bunia (26), Rwampara (25) et Nizi (14), puis à Lita, Mangala et Mongbwalu (6 chacune). Le Nord-Kivu en déclare 9, le Haut-Uélé 6, répartis entre Isiro et Wamba. S'y ajoutent 45 décès confirmés, dont 36 survenus dans la communauté et 9 en centre de traitement, 16 guérisons et 274 nouveaux cas suspects, dont 189 personnes vivantes et 85 décès communautaires pas encore confirmés. " L'Ituri demeure l'épicentre de l'épidémie, concentrant 88,9 % des cas cumulés et 85,3 % des nouvelles confirmations du jour ", écrit le COUSP, qui y dénombre 2 733 cas et 1 142 décès, soit une létalité provinciale de 41,8 %, avec Bunia (739 cas), Rwampara (515) et Mongbwalu (490) en tête. Viennent ensuite le Nord-Kivu (299 cas, 188 décès, 62,9 %), le Haut-Uélé (35 cas, 19 décès, 54,3 %), la Tshopo (5 cas, 4 décès) et le Sud-Kivu (3 cas, 1 décès), où la zone de Miti-Murhesa n'a plus notifié de cas confirmé depuis près de deux mois.
Le taux de 44,0 % demeure provisoire, 755 patients étant encore en isolement. Il s'inscrit dans la fourchette historique de la souche Bundibugyo, comprise entre 30 % et 50 %. Cette souche ne dispose à ce jour d'aucun vaccin homologué ni traitement spécifique, et le rapport signale la poursuite en Ituri des essais cliniques Partners et EBO-PEP. " L'épidémie demeure dans une phase de transmission soutenue, avec un niveau élevé de circulation du virus ", écrit le COUSP, qui appelle à interpréter les fluctuations des dernières semaines avec prudence, en raison des retards de notification.
Au Nord-Kivu, mise en garde aux structures de soins privées
Dans les zones de santé de Butembo, Musienene et Katwa, les établissements de soins privés ont été appelés à respecter strictement les normes du secteur, sous peine de sanctions, rapporte Radio Okapi. La coordonnatrice principale en charge de la santé dans la province, Prisca Luanda Kamala, leur a demandé la remontée des alertes et " une collaboration étroite avec les chefs de sections et les piliers, en facilitant le travail des équipes de la riposte déployées sur le terrain ". Elle leur a recommandé de ne pas garder les malades présentant des signes de la maladie, " car en les gardant, il y a un risque qu'ils contaminent les autres malades, les prestataires, les membres de leurs familles et leurs proches ". Elle a aussi demandé d'alerter, après chaque décès, l'équipe chargée des enterrements dignes et sécurisés. Selon le rapport de situation, les trois zones citées figurent parmi les onze touchées de la province, où 179 patients sont isolés pour 141 lits, soit un taux d'occupation de 126,9 %. L'Ituri en accueille 576 pour 709 lits, soit 81,2 %. Huit patients se sont évadés des structures de soins en vingt-quatre heures, sept en Ituri et un au Nord-Kivu.
Le suivi des contacts à 76,4 %, une alerte sur onze non investiguée
Le suivi des contacts s'établit à 76,4 % au niveau national, 11 100 personnes vues sur 14 525, en deçà du seuil opérationnel de 95 % que l'institut se fixe. Il atteint 90,9 % en Tshopo, 83,1 % au Nord-Kivu, 73,8 % en Ituri et 72,1 % au Haut-Uélé, mais le rapport précise que les taux de l'Ituri et du Nord-Kivu ne portent que sur les zones ayant transmis leurs données, huit zones manquant à l'appel, dont Bambu, Damas, Mahagi et Masereka. Le document demande d'investiguer la baisse constatée en Ituri. Sur 1 937 alertes enregistrées ce jour, 1 858 nouvelles et 79 reportées de la veille, 1 617 ont été investiguées dans les vingt-quatre heures, soit 83,5 %, mais seulement 4 sur 45 au Haut-Uélé. Cette province, où l'épidémie vient de s'étendre, n'a pas transmis ses données de prise en charge, pas plus que la Tshopo : lits, admissions et patients en isolement y sont portés comme non disponibles. Depuis le début de la flambée, 123 personnels et prestataires de première ligne ont été infectés, dont 36 sont morts. Au chapitre des défis, le rapport chiffre à 175 sur 1 170 les unités de triage qu'il juge fonctionnelles. En vingt-quatre heures, 167 939 personnes sont passées par les points d'entrée et de contrôle activés, dont 95,7 % ont été dépistées. À Beni, un militaire des FARDC est sorti guéri du centre de traitement le 24 juillet, après dix jours de prise en charge, selon Radio Okapi. En Ituri, rapporte la radio onusienne, les casques bleus de la Monusco ont mené cette semaine une campagne de sensibilisation à Jipi, dans la chefferie des Bahema Nord, et le commandant de la force, le général Ulisses de Mesquita Gomes, s'est rendu le 21 juillet à Mongbwalu, où la mission a établi une base opérationnelle temporaire.
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