Avec 517,2 milliards CDF mobilisés contre 626,2 milliards dépensés au 9 juillet, le Trésor public affiche un déficit de trésorerie qui réduit ses marges face aux priorités sociales, sécuritaires et administratives.

Au 9 juillet 2026, les trois régies financières de la République démocratique du Congo ont mobilisé 517,2 milliards de francs congolais, selon la note de conjoncture de la Banque centrale du Congo. Dans le même temps, les dépenses exécutées ont atteint 626,2 milliards CDF, plaçant les ressources collectées en dessous des décaissements effectués par l'État.

L'écart entre les recettes et les dépenses s'élève ainsi à 109 milliards CDF. Les ressources mobilisées n'ont couvert qu'environ 82,6 % des décaissements enregistrés durant la période. Ce déséquilibre ne signifie pas nécessairement que l'État se trouve en déficit sur l'ensemble de l'exercice budgétaire, mais il révèle une tension de trésorerie susceptible de retarder certaines dépenses lorsque les entrées financières ne suivent pas le rythme des engagements.

Des recettes encore insuffisantes face aux décaissements

La Direction générale des douanes et accises a fourni la contribution la plus importante, avec 217,5 milliards CDF. Elle est suivie par la Direction générale des impôts, qui a mobilisé 165,8 milliards CDF, et par la Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participations, avec 133,9 milliards CDF. Cette répartition confirme le poids des recettes douanières dans le financement immédiat de l'État.

Du côté des dépenses, 138,2 milliards CDF ont notamment été consacrés aux salaires des agents et fonctionnaires de l'État, tandis que les frais financiers ont représenté 2,9 milliards CDF. Les données publiées ne détaillent cependant pas l'ensemble des autres décaissements. Il reste donc difficile de mesurer précisément la part accordée à la sécurité, à la santé, aux infrastructures ou aux interventions sociales.

Des priorités publiques exposées aux tensions de trésorerie

Lorsque les dépenses progressent plus rapidement que les recettes, le gouvernement doit arbitrer entre plusieurs obligations : rémunérer les agents publics, financer les institutions, soutenir les opérations sécuritaires et maintenir les services essentiels. À court terme, le déficit peut être couvert par les disponibilités du Trésor ou par des emprunts. Mais sa persistance peut conduire au report de certains paiements, à l'accumulation d'arriérés ou à une réduction des investissements.

La situation contraste avec les performances enregistrées au premier quadrimestre, période durant laquelle la DGI et la DGDA avaient dépassé certaines de leurs assignations. Au 26 juin, les régies financières avaient encore mobilisé 1 467,8 milliards CDF sur la période considérée. La contreperformance observée début juillet montre ainsi que les recettes publiques restent irrégulières et fortement dépendantes des échéances fiscales et douanières.

Les 517,2 milliards CDF mobilisés ne suffisent donc pas, à eux seuls, à couvrir les dépenses exécutées au 9 juillet. Pour préserver les urgences de l'État sans aggraver les déséquilibres, le gouvernement devra accélérer le recouvrement des recettes, limiter les exonérations injustifiées et mieux hiérarchiser les décaissements. La solidité des finances publiques dépendra moins d'une performance ponctuelle que de la capacité des régies à maintenir un niveau régulier de mobilisation tout au long de l'année.

Odon Bakumba

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