Le Conseil supérieur de l'audiovisuel et de la communication (CSAC) a adopté, jeudi 16 juillet à Kinshasa, une directive qui encadre les interventions dans les médias des porte-parole, communicateurs, délégués, représentants et envoyés mandatés par des partis politiques, des artistes, des personnalités publiques, des associations, des organisations et d'autres structures d'influence. Le texte a été arrêté en assemblée plénière. Il entre en vigueur à compter de la date de son adoption, selon la dépêche de la cellule de communication du régulateur, reprise par Dépêche.cd et 7sur7.cd.
Toute personne se présentant dans un média comme porte-parole, communicateur, représentant ou délégué d'une institution, d'un parti politique, d'un artiste, d'une personnalité ou de toute autre organisation devra être en mesure de justifier de sa qualité au moyen d'un mandat ou d'un document officiel de désignation.
La directive pose une seconde obligation, cette fois sur les rédactions. Elles sont appelées à vérifier la qualité des intervenants avant leur passage à l'antenne et à veiller au respect des règles de conduite pendant les émissions. Le régulateur rappelle qu'elles demeurent responsables des contenus qu'elles diffusent. Le texte prévoit que les mandants, les mandataires et les médias peuvent voir leur responsabilité engagée en cas de violation des lois et des règles professionnelles applicables au secteur de la communication.
Le CSAC motive sa décision par ce qu'il a relevé ces derniers mois sur les plateaux de radio, de télévision et dans les médias numériques : des injures, des insultes, des propos diffamatoires, des discours de haine, des accusations sans fondement, des atteintes à la dignité humaine et, dans certains cas, des altercations physiques entre invités.
" La liberté d'expression et le pluralisme des opinions, garantis par la Constitution, s'exercent dans le respect de la loi, de l'ordre public, de l'éthique, de la déontologie et des droits d'autrui ", écrit l'institution dans sa dépêche. Elle indique que l'objectif du texte n'est pas de restreindre la liberté d'expression, mais de " mettre fin aux usurpations de qualité et aux comportements qui discréditent les médias, alimentent les tensions et fragilisent le vivre-ensemble ".
Son rapport annuel 2025, présenté le 27 mai devant l'Assemblée nationale par son président Christian Bosembe et déclaré recevable par les députés, recense quatre directives majeures édictées sur la période : la télédistribution, la publicité dans les médias, le régime des médias étrangers en RDC, la régulation des contenus sur les plateformes numériques. Le même rapport fait état d'un processus de révision de la loi organique de 2011 du CSAC, engagé pour l'adapter aux évolutions technologiques, et de quatre coordinations provinciales dont l'installation est prévue en 2026, au Lualaba, au Haut-Uélé, au Maï-Ndombe et au Nord-Ubangi. Le CSAC y place la lutte contre la désinformation au centre de la sécurité nationale et de la stabilité sociale.
Le même document rapporte que les agents du CSAC perçoivent 30 % de leur salaire et cumulent plus de 34 mois d'arriérés de paiement, une situation qui dure depuis plus de trois ans. Il indique que plusieurs projets ouverts en 2025 sont restés lettre morte faute de budget, dont la modernisation du Centre de monitoring des médias congolais. Les députés ont transmis le rapport à la commission mixte socioculturelle et nouvelles technologies de l'information et de la communication, avec trois jours pour formuler des recommandations.
Le CSAC invite les responsables des médias, les journalistes, les animateurs, les producteurs d'émissions, les partis politiques, les artistes, les managers, les communicateurs et les représentants d'organisations à prendre connaissance des nouvelles dispositions et à s'y conformer.
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