Les cortèges, partis simultanément de Panzi, de la place Mulamba et de Bagira, se sont rejoints au rond-point Feu Rouge avant de rallier le gouvernorat du Sud-Kivu. À l'issue de la marche, un mémorandum a été remis au gouverneur provincial, Patrick Busu Bwa-Ngwi, en présence de plusieurs responsables civils et militaires.
Au nom des organisateurs, Mick Mutiki a présenté les principales préoccupations exprimées dans ce document. Les forces sociales réaffirment leur attachement au respect scrupuleux de la Constitution et disent rejeter toute initiative visant à modifier le texte fondamental, à organiser un référendum constitutionnel ou à ouvrir la voie à un troisième mandat présidentiel à Félix Tshisekedi. Selon elles, le respect de la Loi fondamentale demeure un préalable à la stabilité institutionnelle et à la cohésion nationale.
Les organisations signataires plaident également pour l'ouverture d'un dialogue politique inclusif réunissant l'ensemble des acteurs congolais afin d'aboutir à un règlement durable de la crise. Elles demandent par ailleurs la libération des prisonniers politiques ainsi que des mesures concrètes en faveur du retour de la paix dans les provinces de l'Est.
Dans leur mémorandum, les manifestants invitent aussi l'AFC-M23 à poursuivre la libération des territoires qu'ils considèrent encore confrontés à l'insécurité sous l'administration de Kinshasa. Selon eux, cette démarche permettrait de renforcer la sécurité des populations et de favoriser le vivre-ensemble. Cette position engage exclusivement les organisations signataires du mémorandum.
Les forces sociales se sont également prononcées sur les sanctions ciblées prises contre certaines personnalités congolaises. Elles estiment que ces mesures ne contribuent pas à une désescalade de la crise et demandent leur réévaluation, plaidant pour une approche privilégiant les mécanismes politiques prévus notamment par la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies.
En recevant le mémorandum, le gouverneur Patrick Busu Bwa-Ngwi a salué le caractère pacifique de cette mobilisation citoyenne. Il a assuré que les préoccupations exprimées seraient fidèlement transmises à la hiérarchie afin qu'elles soient examinées par les autorités compétentes.
À travers cette manifestation, les organisations de la société civile et les mouvements citoyens disent vouloir interpeller les institutions nationales ainsi que les partenaires internationaux sur l'urgence d'une solution politique à la crise congolaise, fondée sur le dialogue, le respect des principes démocratiques et la recherche d'une paix durable dans l'Est du pays.
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