Le 13 juillet 2023, l'ancien ministre des Transports et porte-parole d'Ensemble pour la République était retrouvé mort à Kinshasa.
Depuis lors, les conclusions présentées par les autorités ont été contestées par une partie de la famille, des proches, de responsables politiques et d'organisations de défense des droits humains.
Les divergences d'appréciation ont alimenté un débat qui, aujourd'hui encore, reste loin d'être apaisé.
Dans un État de droit, une affaire d'une telle portée ne saurait être réduite à une confrontation de récits.
La justice n'a de valeur que lorsqu'elle inspire confiance. Or, lorsque subsistent des zones d'ombre, lorsque des citoyens demeurent convaincus que toutes les réponses n'ont pas été apportées, c'est la crédibilité même des institutions qui est mise à l'épreuve.
L'enjeu dépasse le seul destin d'un homme politique. Il concerne la capacité de la République démocratique du Congo à garantir que toute mort suspecte fasse l'objet d'une enquête impartiale, indépendante, rigoureuse et transparente.
Il concerne également le droit des familles à connaître la vérité et celui des citoyens à avoir confiance dans le fonctionnement de la justice.
L'histoire récente de la République démocratique du Congo est jalonnée d'affaires qui continuent d'alimenter les interrogations faute d'un consensus autour de leur élucidation.
Chaque dossier non résolu fragilise davantage le lien entre les institutions et les citoyens. Chaque vérité incomplète nourrit les spéculations, les divisions et la défiance.
Il ne revient ni aux médias ni à l'opinion publique de désigner des coupables en l'absence de preuves établies. Leur responsabilité est d'interroger, de rappeler les faits connus, d'exiger la transparence et de défendre le droit à une justice crédible.
Poser la question " Qui a tué Chérubin Okende ? " n'est pas rendre un verdict ; c'est rappeler qu'une démocratie ne peut durablement vivre avec des interrogations persistantes sur la mort d'un responsable public.
Trois ans après, le silence ne saurait remplacer la vérité. Les Congolais, quelles que soient leurs convictions politiques, sont en droit d'attendre que cette affaire soit définitivement clarifiée sur la base d'éléments vérifiables, dans le strict respect des garanties judiciaires et des droits de toutes les parties.
Parce qu'une nation ne se construit pas sur les soupçons, mais sur la confiance. Et cette confiance naît d'une justice indépendante, impartiale et transparente.
Tant que toutes les interrogations n'auront pas reçu des réponses convaincantes, la question continuera de résonner dans la conscience nationale : qui a tué Chérubin Okende?
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Source : https://kivuavenir.com/edito-qui-a-tue-cherubin-okende/
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