À la tribune des Nations Unies, à New York, la ministre d'État en charge des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a appelé la communauté internationale à faire de la transition énergétique un levier de développement pour les pays producteurs de minéraux critiques. La cheffe de la diplomatie congolaise a également dénoncé le pillage des ressources naturelles de la RDC par les groupes armés, soutenus selon Kinshasa par le Rwanda.
La République démocratique du Congo a réaffirmé, mardi 14 juillet, sa volonté de jouer un rôle central dans la chaîne mondiale des minéraux critiques indispensables à la transition énergétique. Intervenant lors de la Réunion de haut niveau des Nations Unies consacrée à cette question, la ministre d'État des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a plaidé pour une gouvernance mondiale plus équitable des ressources stratégiques.
Dans son discours, la cheffe de la diplomatie congolaise a estimé que la transition énergétique ne sera véritablement " juste " que si elle permet également de transformer les économies des pays qui fournissent les matières premières nécessaires à cette révolution industrielle.
" Pendant trop longtemps, les pays producteurs ont été perçus uniquement comme des fournisseurs de matières premières, tandis que la transformation industrielle et l'essentiel de la valeur ajoutée étaient réalisés ailleurs ", a-t-elle souligné.
Elle a laissé entendre que la RDC ambitionne désormais de devenir un véritable pôle africain de production responsable, de transformation industrielle et d'innovation autour des minéraux critiques. Pour atteindre cet objectif, le gouvernement mise sur des investissements dans les infrastructures, l'énergie, la recherche, les technologies et le renforcement des compétences, tout en modernisant l'exploitation minière artisanale afin d'intégrer davantage les communautés locales dans les chaînes de valeur.
Au-delà des enjeux économiques, Thérèse Kayikwamba a rappelé que l'exploitation illicite des ressources naturelles constitue un facteur majeur d'instabilité et de conflits dans l'est de la RDC.
Elle a cité l'exemple de Rubaya, dans le Nord-Kivu, dont les mines représenteraient environ 15 % de la demande mondiale de tantale. S'appuyant sur les conclusions du Groupe d'experts des Nations Unies, elle a affirmé qu'au moins 1 400 tonnes de coltan auraient été introduites frauduleusement au Rwanda après la prise de cette zone par le M23, avec des revenus estimés à près de 800 000 dollars américains par mois au profit du groupe armé.
La ministre d'État a regretté que, malgré ces éléments, les Forces de défense rwandaises ne soient toujours pas visées par le régime de sanctions des Nations Unies. Selon elle, cette situation démontre les insuffisances des mécanismes internationaux actuels pour lutter contre le lien entre exploitation illégale des ressources naturelles et financement des conflits.
La RDC appelle ainsi à un cadre international plus cohérent reliant la gouvernance des ressources naturelles à la prévention des conflits, à la paix et à la sécurité internationales. Kinshasa estime également que les partenariats internationaux doivent aller au-delà du simple accès aux matières premières et favoriser le transfert de technologies, l'industrialisation locale, l'accès aux financements ainsi que le développement des infrastructures.
Elle a insisté sur le fait que le succès de la transition énergétique ne devra pas seulement être mesuré par le nombre de batteries ou de véhicules électriques produits, mais aussi par l'amélioration concrète de la sécurité, de la souveraineté et de la prospérité des pays et des communautés dont les ressources rendent cette transition possible.
Redaction
The post RDC à l'ONU : Kayikwamba plaide pour une transition énergétique qui profite aux pays producteurs appeared first on BETO.
0 Commentaires