La fermeture administrative de la mine KCC, filiale de Glencore, à Kolwezi, n'est pas un épisode isolé. Elle s'inscrit dans une campagne plus large de l'État congolais pour capter davantage de recettes d'un secteur minier qui pèse l'essentiel de ses exportations.

Le 9 juillet, la Direction générale des impôts a placé sous scellés les installations de la Kamoto Copper Company, dans le Lualaba, pour un contentieux fiscal que la DGI chiffre à environ 3 milliards de dollars, une évaluation que le groupe Glencore juge " complètement sans fondement ". La production de cuivre et de cobalt y est suspendue, au risque d'affecter des milliers d'emplois.

Au-delà de ce bras de fer, les signaux d'un durcissement se multiplient. À la frontière de Kasumbalesa, principal poste d'exportation vers la Zambie, les autorités ont promis la " tolérance zéro " face à la fraude. La Cour des comptes appuie les vérifications sur les revenus miniers, et le gouvernement a promulgué une loi sur le contenu local destinée à retenir davantage de valeur dans le pays.

Le contexte budgétaire nourrit cette offensive. Premier producteur mondial de cobalt et grand exportateur de cuivre, la RDC tire l'essentiel de ses devises des mines, mais peine à en percevoir une part à la hauteur des volumes sortis du pays, longtemps rognée par la sous-facturation des prix de cession et les transferts vers des entités étrangères.

Le risque est connu. Trop serrer peut décourager l'investisseur et paralyser la production, comme à Kolwezi, où l'arrêt de KCC menace toute une chaîne d'emplois et de sous-traitants. L'État congolais cherche donc l'équilibre entre fermeté fiscale et attractivité, dans un secteur dont dépend sa survie financière.

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