Une initiative placée sous le signe du dialogue, de la transparence et de la modernisation de l'offre de soins, alors que l'établissement poursuit ses efforts de rénovation des infrastructures et de renforcement de son plateau technique.
Prévue à 11 heures dans l'enceinte de l'hôpital, cette rencontre avait pour ambition de rapprocher davantage l'établissement de la population qu'il dessert. Elle a réuni notamment des représentants de la société civile, des responsables religieux, des jeunes, des défenseurs des droits humains ainsi que plusieurs leaders communautaires de Panzi et de la commune d'Ibanda.
Pour les organisateurs de l'événement, la démarche s'inscrit dans le cadre du vaste projet de rénovation des infrastructures et d'acquisition d'équipements médicaux engagé par l'Hôpital général de référence de Panzi, avec pour finalité affichée l'amélioration de la qualité et de l'accessibilité des soins.
La rencontre a été conduite notamment par le Dr Josué Bwemere Mungwete, Médecin Directeur adjoint de l'HGR-Panzi, qui, au nom de la direction, a présenté aux participants les différentes évolutions enregistrées au sein de l'établissement, également les défis majeurs auxquels l'hôpital se heurte depuis un temps ; des défis majeurs qui nécessitent une implication permante et rigoureuse de toute la communauté pour en trouver des solutions adaptées.
L'objectif était également de permettre aux représentants de la communauté de voir de manière concrète les efforts entrepris pour améliorer l'environnement hospitalier et les conditions de prise en charge des patients.
Au-delà des bâtiments et des équipements, la journée a surtout voulu restaurer et consolider un lien essentiel : celui qui unit une institution sanitaire à la communauté qui lui confie ses malades.
Dans un environnement où les perceptions, les rumeurs et les incompréhensions peuvent parfois brouiller le regard porté sur les services de santé, le dialogue direct apparaît comme un outil de confiance et de responsabilité collective.
La communauté appelée à s'approprier davantage l'hôpital
À travers cette initiative, la direction de l'HGR-Panzi a encouragé les forces vives de Panzi à mieux connaître les réalités de l'établissement, ses acquis, ses défis et les transformations engagées. L'ambition est de faire de la communauté non pas une simple bénéficiaire des services hospitaliers, mais un véritable partenaire dans la construction d'un système de soins plus performant.
Fondé par le Dr Denis Mukwege, Prix Nobel de la paix, l'Hôpital de Panzi s'est progressivement imposé comme un établissement médical de référence, particulièrement connu pour son expertise dans la prise en charge des survivantes de violences sexuelles et pour son approche globale associant soins médicaux, accompagnement psychosocial, assistance juridique et réinsertion socio-économique.
Cette histoire confère à l'établissement une dimension qui dépasse largement les frontières du quartier Panzi. Mais pour ses responsables comme pour les acteurs communautaires présents à cette journée, la reconnaissance internationale de Panzi doit également se traduire, au quotidien, par une amélioration continue des soins offerts à la population locale.

La société civile salue le travail du personnel soignant
Prenant la parole au cours des échanges, Murhula Machumbiko Jean, président de la Société civile forces vives d'Ibanda, a salué le travail réalisé quotidiennement par le personnel médical et soignant de l'Hôpital de Panzi.
Il a également reconnu les efforts consentis au fil des années par le Dr Denis Mukwege pour maintenir et développer cette institution sanitaire, devenue l'un des symboles de la médecine spécialisée en République démocratique du Congo et à travers le monde entier.
Pour ce représentant de la société civile, les performances d'un établissement hospitalier ne reposent toutefois pas uniquement sur les équipements ou les infrastructures.
Elles dépendent aussi de la qualité du dialogue avec les communautés. Il a ainsi plaidé pour une communication renforcée, régulière et permanente entre l'Hôpital de Panzi et la population, afin de mieux expliquer les services disponibles, les évolutions en cours et les difficultés auxquelles l'établissement peut être confronté.
Cette communication, a-t-il laissé entendre, devrait contribuer à réduire les incompréhensions, à combattre les préjugés et à permettre à la communauté de participer davantage à la protection et à la valorisation de cette infrastructure implantée au cur de Panzi.
Des témoignages positifs sur la qualité des soins
Dans le même esprit, Boris Bora Uzima Bahwinja, notable de Panzi, a livré un témoignage favorable sur l'hôpital. Son intervention a particulièrement mis en avant les efforts accomplis pour garantir une prise en charge médicale de qualité et offrir aux patients un environnement propice aux soins.
À travers son témoignage, le notable a reconnu les avancées réalisées dans l'amélioration des prestations hospitalières, estimant que les acquis de Panzi méritent d'être davantage connus et soutenus par la communauté.
Pour lui, la qualité d'un établissement sanitaire se mesure avant tout à la capacité de ses professionnels à accueillir, diagnostiquer, traiter et accompagner les patients avec compétence et humanité. Une exigence qui demeure au cur de la vocation de Panzi.

La jeunesse veut accompagner l'hôpital
La jeunesse n'a pas été en reste. Rodrigue Bugale, défenseur des droits humains et jeune leader de Panzi, a plaidé pour un accompagnement constant de l'hôpital par les jeunes de la communauté.
Il a réaffirmé la détermination de la jeunesse de Panzi à se tenir aux côtés de l'établissement, notamment dans les initiatives susceptibles de contribuer à son rayonnement, à la sensibilisation de la population et à la promotion d'un meilleur accès aux soins.
Son intervention a rappelé que la relation entre un hôpital et sa communauté ne saurait être exclusivement médicale. Elle comporte également une dimension citoyenne : protéger les infrastructures sanitaires, respecter les professionnels de santé, orienter correctement les malades et participer à la diffusion d'une information fiable constituent autant de responsabilités partagées.
Le regard du monde universitaire et médical
Présent à cette journée, le Dr Alumeti Munyali Désiré, médecin légiste et doyen de la Faculté de médecine de l'Université évangélique en Afrique (UEA), a, pour sa part, salué l'organisation de cette rencontre entre l'hôpital et les forces vives de la communauté.
Il a remercié la direction de l'HGR-Panzi pour cette démarche d'ouverture et a souligné l'importance de rapprocher les institutions sanitaires, le monde universitaire et les communautés. Une collaboration plus étroite entre ces différents acteurs peut, selon cette approche, favoriser le partage d'expériences, le renforcement des compétences et l'amélioration continue des pratiques médicales.
Son intervention a également mis en évidence l'importance de soutenir les initiatives qui concourent à l'amélioration du système de santé, particulièrement dans un contexte où les besoins médicaux des populations demeurent importants.

Un plateau technique progressivement renforcé
La modernisation évoquée au cours de cette journée ne relève pas uniquement d'une perspective future. Plusieurs équipements médicaux ont été acquis ces dernières années afin de renforcer les capacités diagnostiques et thérapeutiques de l'établissement.
Parmi les équipements mis en avant figure notamment un scanner de 64 barrettes, présenté comme un équipement particulièrement rare dans la province. Cet outil contribue au développement des capacités d'imagerie médicale et permet d'affiner l'exploration de nombreuses pathologies, notamment dans les situations nécessitant un diagnostic radiologique approfondi.
Ces investissements dans le plateau technique traduisent la volonté de l'Hôpital de Panzi de consolider son offre de soins et de réduire, autant que possible, la nécessité pour certains patients de se déplacer vers d'autres centres spécialisés.
Une porte ouverte sur l'avenir
Au terme des échanges, un constat s'est imposé : la modernisation d'un hôpital ne peut être durable sans l'adhésion de la communauté qui l'entoure.
La journée portes ouvertes de Panzi aura ainsi permis de franchir un pas supplémentaire vers une relation fondée sur l'information, l'écoute et la confiance. Entre professionnels de santé, société civile, responsables communautaires, jeunesse, monde universitaire et notabilités locales, le message porté à l'occasion de cette rencontre est celui d'une responsabilité partagée.
À Panzi, l'enjeu n'est donc pas seulement de rénover des murs ou d'acquérir des machines. Il s'agit aussi de préserver une vocation médicale construite au fil des décennies et portée sur la scène internationale par le travail du Dr Denis Mukwege et de ses équipes : faire de la médecine un espace où la compétence scientifique rencontre la dignité humaine.
La communauté de Panzi, de son côté, est appelée à accompagner cette dynamique, tandis que l'hôpital entend poursuivre son ouverture au dialogue afin que la modernisation de ses infrastructures et de son plateau technique se traduise, au-delà des chiffres et des équipements, par une prise en charge toujours plus humaine, efficace et digne des patients.
La Journée s'est clôturée par une visite guidée dans les locaux de l'hôpital afin de permettre aux leaders communautaires de palper du doigt, les différentes innovations présentées au cours des échanges dans la salle et être désormais témoins du travail rayonnant accompli au quotidien par le Docteur Denis Mukwege à travers son personnel soignant.
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