À Bukavu comme dans plusieurs territoires du Sud-Kivu, les flammes ont laissé derrière elles des quartiers meurtris, des familles sans toit et des existences brutalement dépossédées de leurs repères.

Face à l'ampleur des dégâts, le Parlement citoyen pour la démocratie et la bonne gouvernance – Baraza La Raiya (PCDBG-BR Asbl-DDH) appelle à une intervention humanitaire urgente en faveur des victimes des incendies enregistrés ces dernières années dans la province.

Dans une lettre ouverte datée du 17 août 2026, l'organisation de défense des droits humains affirme avoir recensé, entre 2024 et août 2026, plus de 1 857 maisons d'habitation et quatre unités de production artisanale détruites, affectant plus de 15 000 personnes.

Ces chiffres, précise-t-elle, reposent sur les données recueillies auprès de ses points focaux, relais communautaires et parlementaires citoyens.

La catastrophe intervient dans un environnement social déjà profondément fragilisé par la pauvreté, le chômage, la précarité des logements, la crise économique, l'insécurité et les conséquences de la guerre.

Pour les familles sinistrées, l'incendie ne signifie donc pas seulement la perte d'un bâtiment : il peut emporter en quelques heures les économies d'une vie, les outils de travail, les documents administratifs, les effets scolaires des enfants et jusqu'aux modestes moyens permettant de survivre au lendemain.

Des familles plongées dans une précarité extrême

Selon le PCDBG-BR, les conséquences sociales et humanitaires sont considérables. Des enfants risquent la déscolarisation, tandis que des femmes, des personnes âgées et d'autres personnes vulnérables se retrouvent davantage exposées aux intempéries, aux maladies et à l'insécurité.

À cette détresse matérielle s'ajoute une souffrance psychologique difficilement quantifiable. Des familles qui disposaient hier encore d'un toit se retrouvent aujourd'hui contraintes de chercher refuge auprès de proches ou de dépendre de l'aide extérieure.

L'organisation dénonce ainsi ce qu'elle considère comme une réponse encore insuffisante au regard de l'ampleur des besoins. Elle estime que les victimes ne peuvent être abandonnées au silence après avoir perdu leurs biens et leurs moyens de subsistance.

" Perdre une maison, ce n'est pas seulement perdre un toit ", souligne en substance le plaidoyer, qui rappelle que l'habitation constitue également un espace familial, social et économique, parfois construit au prix de plusieurs décennies d'efforts.

Un appel à la solidarité nationale et internationale

Dans sa lettre, le Parlement citoyen exhorte les autorités nationales et provinciales, les agences des Nations unies, les organisations humanitaires, les Églises, les ONG, les acteurs économiques, la diaspora ainsi que les personnes de bonne volonté à conjuguer leurs efforts.

L'organisation demande notamment l'identification exhaustive des ménages touchés, la distribution d'une aide d'urgence, la mise à disposition d'abris temporaires, de vivres, de vêtements, de couvertures et de kits ménagers.

Elle plaide également pour une prise en charge sanitaire et psychosociale, la reconstitution des documents administratifs détruits, la protection des enfants contre la déscolarisation ainsi que l'accompagnement des commerçants, artisans et petits entrepreneurs ayant perdu leurs outils de travail.

À plus long terme, le PCDBG-BR réclame l'élaboration d'un programme de reconstruction progressive des habitations et le renforcement des capacités de prévention et de lutte contre les incendies.

Un fonds spécial réclamé pour les sinistrés

Parmi les propositions avancées figure également la création d'un fonds spécial de solidarité, dont la gestion devrait, selon l'organisation, reposer sur des mécanismes transparents associant autorités, acteurs humanitaires, représentants des victimes et société civile.

Le Parlement citoyen souhaite en outre la mise en place d'une mission d'évaluation humanitaire indépendante et conjointe afin d'établir avec précision l'ampleur des destructions, les besoins prioritaires et les modalités d'une réponse durable.

" L'urgence humanitaire doit primer "

Dans un contexte politique et sécuritaire particulièrement complexe à Bukavu et dans certaines parties du Sud-Kivu, le PCDBG-BR insiste sur la nécessité de dissocier l'aide aux populations de toute considération politique.

L'organisation estime que, si l'accès aux victimes nécessite des arrangements techniques avec les autorités de fait, ceux-ci devraient pouvoir être envisagés dans un cadre exclusivement humanitaire, avec pour seule finalité la protection des civils et l'allègement de leurs souffrances.

Pour le Parlement citoyen, l'aide humanitaire ne saurait être considérée comme une faveur accordée aux sinistrés. Elle relève, selon lui, de la dignité humaine et de la protection des droits fondamentaux.

" Secourir une famille congolaise sinistrée, c'est défendre la République. Protéger un enfant sans abri, c'est protéger l'avenir de la Nation ", soutient l'organisation dans son plaidoyer.

Bukavu face à une urgence qui ne peut attendre

Au-delà des statistiques, ce sont des milliers de vies qui demeurent suspendues à une réponse concrète. Chaque maison réduite en cendres représente une famille déplacée, chaque commerce détruit une source de revenus anéantie, chaque fourniture scolaire consumée une difficulté supplémentaire pour un enfant.

Le PCDBG-BR appelle ainsi à faire des victimes des incendies de Bukavu et d'autres territoires du Sud-Kivu une priorité humanitaire nationale.

Pour cette organisation de la société civile, l'heure n'est plus aux seules déclarations de compassion. Elle est à l'identification, au secours, à la reconstruction et à la prévention.

Car derrière les murs calcinés, il reste des familles. Derrière les familles, des enfants. Et derrière ces enfants, une province entière qui refuse de voir ses plus vulnérables disparaître sous les décombres de l'indifférence.

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Source : https://kivuavenir.com/bukavu-plus-de-15-000-sinistres-des-incendies-appeles-a-beneficier-dune-reponse-humanitaire-urgente/