L'avion présidentiel en provenance de Genève s'est posé vers 16h45 sur le tarmac de l'aéroport international de Yaoundé-Nsimalen.
Paul Biya, accompagné de son épouse Chantal Biya, a ensuite quitté l'aéroport sous les acclamations de plusieurs militants du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), mobilisés le long de l'itinéraire présidentiel.
À travers la vitre entrouverte de son véhicule, le président a brièvement salué la foule avant de poursuivre sa route vers le palais présidentiel.
Le départ du chef de l'État remontait au 7 juin. Son entourage avait alors évoqué un séjour privé de courte durée en Europe. Mais les semaines se sont accumulées, transformant cette absence annoncée comme temporaire en un épisode particulièrement long dans la présidence de Paul Biya, au pouvoir depuis 1982.
Dans un pays où l'âge avancé du président constitue régulièrement un sujet de débat, cette longue parenthèse européenne a rapidement alimenté les conjectures, notamment autour de son état physique.
Sur le terrain politique, cette situation n'est pas restée sans écho. Des responsables de l'opposition et certaines voix de la société camerounaise ont publiquement questionné les conditions de continuité de l'État dans l'hypothèse où le président serait durablement empêché d'exercer ses responsabilités.
La question d'une éventuelle intervention des institutions compétentes a même été évoquée. Aucun dispositif exceptionnel n'a toutefois été enclenché durant l'absence du président.
Son retour s'est déroulé sous une importante couverture médiatique. La Cameroon Radio Television (CRTV), média public national, avait annoncé un traitement particulier de l'arrivée présidentielle.
Pourtant, les images diffusées sont demeurées relativement parcimonieuses : quelques séquences du cortège, des scènes d'accueil et surtout l'image furtive d'un Paul Biya saluant ses partisans depuis son véhicule. Une sobriété visuelle qui contraste avec l'attention considérable suscitée par son absence.
Au-delà de l'événement protocolaire, le retour du président rouvre surtout le débat sur l'après-Biya. Le Cameroun demeure confronté à la délicate question de la succession au sommet de l'État. La Constitution encadre les mécanismes de transition en cas de vacance du pouvoir, notamment à travers le rôle du président du Sénat.
La réintroduction, en avril, de la fonction de vice-président, encore dépourvue de titulaire, ajoute une nouvelle dimension aux interrogations sur l'architecture institutionnelle appelée à prendre le relais en cas d'empêchement définitif du chef de l'État.
À 93 ans, Paul Biya reste le doyen des dirigeants en exercice. Son retour à Yaoundé referme donc une parenthèse de plus de deux mois, sans pour autant dissiper toutes les questions qu'elle a fait naître.
Car derrière les images du cortège présidentiel et les saluts échangés avec la foule se profile une interrogation plus vaste : celle de la continuité du pouvoir et de l'avenir politique du Cameroun au terme d'une présidence qui dure depuis plus de quatre décennies.
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