Le 29 juillet à 17 h 30, à Kasitu, à six kilomètres de Beni sur la route de Mangina, l'équipe d'enterrements dignes et sécurisés du Nord-Kivu, accompagnée par les services de sécurité, a été prise à partie lors de la mise en terre du corps d'un cas confirmé de maladie à virus Ebola. " La population a manipulé le corps sans vie et des tirs de sommation ont été nécessaires pour disperser les fauteurs de troubles, sans dégât matériel ni humain ", rapporte le Centre d'opérations d'urgence de santé publique dans son rapport de situation n°077, arrêté au 30 juillet.
L'épisode figure dans une rubrique que le document consacre à la sécurité et à l'acceptation communautaire, et qui recense quatre autres situations sur la même période. Au point d'entrée de Mukulya, un policier présumé auteur de tracasseries a été interpellé et une enquête ouverte. Toujours au Nord-Kivu, " un couple pris en charge au centre hospitalier de la PNC a refusé catégoriquement le transfert vers l'HGR et sollicité un prélèvement à domicile ". Au Haut-Uélé, " un patient cliniquement guéri de Boma Mangbetu profère des menaces contre le personnel soignant " : des actions conjointes de communication et de prise en charge sont engagées avec le médecin chef de zone sous quarante-huit heures. Dans cette province, la sécurisation policière du laboratoire et des centres de traitement n'est acquise qu'au laboratoire.
À la Tshopo, le rapport écrit qu'aucun suivi opérationnel de l'enlèvement de force du corps d'un cas confirmé à la morgue de l'hôpital général de référence de Makiso-Kisangani n'est documenté, et que " la communauté du PK 17 continue de s'interroger sur la circulation des corps sans vie ". Le suivi des contacts de la zone de santé de Kabondo restait ce jour-là bloqué à zéro.
Ces situations se lisent en regard d'un compteur que le rapport tient depuis le début de l'épidémie. En Ituri, 3 061 alertes de décès ont donné lieu à 2 496 enterrements sécurisés entre le 20 mai et le 30 juillet. Sur la seule journée du 30 juillet, 72 alertes nouvelles se sont ajoutées à 24 reports : 54 enterrements ont été réalisés, soit 56 %, douze ont échoué et trente et un ont été reportés au lendemain. Quarante-deux prélèvements post-mortem ont été effectués, dont trente dans la communauté. Le pilier communication de la province enregistrait le même jour quatorze résistances, aucune levée, toutes dans la zone de santé de Bunia, et trente-cinq remontées d'inquiétudes dont cinq clarifiées.
Le Nord-Kivu, où s'est produit l'incident de Kasitu, affiche de son côté trente-trois alertes de décès pour trente-trois corps prélevés et sécurisés et trente et un enterrements réalisés sans aucun échec, seize corps restant en attente. Les décès survenus en établissement de soins y constituent l'essentiel des alertes, principalement à Beni et à Katwa. Dans la zone voisine de Butembo, deux structures de santé ont brûlé les nuits du 27 au 28 et du 28 au 29 juillet, sans que les auteurs soient identifiés.
Le lien avec la courbe est direct. Au 31 juillet, sur les vingt-cinq décès confirmés enregistrés en Ituri en vingt-quatre heures, quinze sont survenus dans la communauté, soit 60,0 %, contre dix dans un centre de traitement. Le rapport range l'impact de cette réticence du côté du retard de confirmation, de la sous-estimation des cas et de la perturbation des activités clés, et le cumul national atteint 3 674 cas confirmés et 1 621 décès. La réticence aux prélèvements post-mortem et l'insécurité visant les équipes d'enterrement figurent en tête des défis du rapport, qui demande d'impliquer les leaders religieux et communautaires, de sécuriser les équipes et d'en augmenter le nombre.
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Source : https://beto.cd/ebola-kasitu-beni-equipe-enterrements-prise-a-partie/
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