Au cours de la semaine écoulée, un décès dû à Ebola a été signalé toutes les trente minutes environ en République démocratique du Congo. La mesure est de Médecins sans frontières, dans une alerte publiée le 21 août depuis Bunia. Ramenée à la journée, elle donne quarante-huit morts par vingt-quatre heures. Sur sept jours, plus de trois cents.
Ce rythme se vérifie sur les bulletins officiels. Le 21 juillet, l'épidémie franchissait le cap des 1 000 morts pour 2 536 cas confirmés. Au 18 août, l'Institut national de santé publique en recensait 2 476, pour 5 208 cas confirmés. Mille quatre cent soixante-seize décès supplémentaires en vingt-huit jours, soit une moyenne de cinquante-trois par jour. La cadence décrite par MSF n'est donc pas un effet de formule.
Le centième jour tombe ce mardi
L'épidémie a été déclarée le 17 mai. Le centième jour tombe le 25 août. En cent jours, le pays est passé de zéro à plus de cinq mille cas confirmés et près de deux mille cinq cents morts, ce qui en fait l'épidémie d'Ebola la plus meurtrière de l'histoire du pays. L'OMS maintient l'urgence de santé publique de portée internationale.
Les chiffres cités par MSF portent sur le 16 août et proviennent des autorités nationales : plus de 5 000 cas confirmés et plus de 2 300 décès. L'écart avec le bulletin du 18 août tient à deux jours d'intervalle et au processus de consolidation, l'INSP précisant lui-même que ses données restent évolutives et peuvent être ajustées après validation par les provinces et les piliers de la riposte.
Une souche lente, une épidémie rapide
Le paradoxe mérite d'être posé. La souche en cause est Bundibugyo, dont la progression individuelle plus lente a valu à cette flambée le surnom d'Ebola qui marche : des malades restent debout et mobiles plus longtemps, donc contagieux plus longtemps hors des structures. Ce qui ralentit la maladie chez un individu accélère sa diffusion dans une population.
" Cette épidémie continue de se propager, à un rythme que la réponse ne parvient pas à suivre ", résume le docteur Javid Abdelmoneim, président international de MSF. L'organisation décrit des communautés déjà confrontées aux conflits, aux violences, aux déplacements et à la faim, et qui ne bénéficient pas d'un soutien suffisant pour endiguer la maladie.
Deux données manquent pour lire la courbe autrement qu'en cumul. Le nombre de nouveaux cas par semaine et par province n'est pas publié de façon régulière, et le délai moyen entre l'apparition des symptômes et l'admission d'un patient, qui est l'indicateur le plus parlant d'une riposte, n'a jamais été communiqué.
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