Le tribunal militaire de garnison de Kinshasa-Ngaliema a pris l'affaire en délibéré. Le verdict sera prononcé le 20 août 2026. À la barre, Rebo Tchulo a une nouvelle fois clamé son innocence, niant avoir sollicité l'intervention d'un militaire ou d'un membre du gouvernement.

Le procès de Deborah Tshimpaka, connue sous le nom de scène Rebo Tchulo, entre dans sa dernière ligne droite. À l'issue de l'audience du lundi 10 août 2026, le tribunal militaire de garnison de Kinshasa-Ngaliema a pris l'affaire en délibéré. Le jugement est attendu le 20 août prochain à 9 heures. Avant la clôture des débats, l'artiste a livré ses dernières observations devant les juges militaires. Dans une déclaration mêlant fermeté et références à sa foi chrétienne, elle a réaffirmé son innocence et assuré n'avoir jamais sollicité l'intervention d'un militaire ou d'un responsable politique dans cette affaire.

" Depuis le début de ce procès, je ne fais que dire la vérité. Depuis que ce dossier a débuté, je n'ai pas de paix. Heureusement, le Seigneur me donne la force de tenir. Je suis chrétienne et je ne suis pas habituée à mentir. Je dis toujours la vérité, rien que la vérité ", a-t-elle déclaré.

" Je n'ai aucune relation avec les militaires "

Poursuivie pour incitation présumée de militaires à commettre des actes contraires à la loi et à la discipline des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), Rebo Tchulo a catégoriquement rejeté les faits qui lui sont reprochés. " Dans ce dossier, je suis innocente. Je n'y suis pour rien et je n'ai aucune relation avec les militaires. Je n'ai jamais appelé quelqu'un pour intervenir, qu'il soit militaire ou membre du gouvernement ", a-t-elle affirmé.

La chanteuse estime également faire l'objet d'une attention excessive en raison de sa notoriété. " Tout le pays m'a collé des maris au dos. Je suis choquée ", a-t-elle lancé, avant de s'interroger : " Parce que je suis Rebo ? Parce que je suis une artiste ? " Elle a, en outre, assuré n'entretenir aucune relation avec les autorités ou les militaires impliqués dans cette procédure.

" Je n'ai de relations avec aucune autorité, et encore moins avec un membre du gouvernement. Et parmi les militaires ici derrière moi, je ne connais personne. Je n'ai de relation avec aucun d'eux et je ne leur ai jamais fait appel ", a-t-elle soutenu.

Le parquet requiert 14 mois de prisonLors de l'audience du 7 août, le parquet militaire avait requis 14 mois de servitude pénale contre Rebo Tchulo. Il avait également demandé une peine de 40 mois contre le sous-lieutenant Zababu Musafiri, présenté comme le chef de la patrouille de la Task Force qui s'était rendue au domicile de la chanteuse dans la nuit du 17 au 18 avril 2026.

Treize militaires, dont quatre en fuite, sont également poursuivis dans cette affaire. Ils sont notamment accusés de faits présumés de torture, d'extorsion, de concussion et de violation des consignes militaires à l'encontre de Platini Sadisa Kasaï. La procédure ne concerne donc pas uniquement la chanteuse, mais met également en cause plusieurs membres des forces armées.

La partie civile réclame 250 000 dollarsAu cours des débats, la partie civile a réclamé 250 000 dollars américains à titre de réparation. Appelée en garantie dans cette procédure, la République démocratique du Congo conteste toutefois cette demande. Par l'intermédiaire de son avocat, l'État congolais en a sollicité l'irrecevabilité.

" Je pense que votre tribunal m'a religieusement suivi. Et je pense que la réponse sera celle-là : la fin de non-recevoir, l'irrecevabilité de la demande de condamnation de la République démocratique du Congo à des milliers de dollars américains, tels que sollicités par la partie civile ", a plaidé l'avocat de la RDC.

" J'ai confiance en la justice "

Dans son ultime déclaration, Rebo Tchulo a appelé le tribunal à établir les responsabilités de chacun. " Monsieur le Président, que la justice fasse son travail et que chacun soit responsable de ses actes. Depuis le début de ce procès, on me fait porter le chapeau ", a-t-elle déclaré.

Malgré les accusations portées contre elle et la peine requise par le ministère public, l'artiste affirme garder confiance dans l'institution judiciaire. " J'ai confiance en la justice. Dieu connaît nos cœurs et il sait qui ment et qui dit la vérité. Même si, devant les hommes, cela ne se voit pas, chaque personne ici qui ment à mon nom paiera devant Dieu ", a-t-elle conclu.

Après les dernières observations des parties, le tribunal militaire de garnison de Kinshasa-Ngaliema a clos les débats et pris l'affaire en délibéré. Le verdict sera rendu le 20 août 2026 à 9 heures.

Christian T. EZECHIEL

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