Ce lundi 10 août 2026, à Kisangani, soixante-cinq organisations de la société civile congolaise ont uni leurs voix pour interpeller directement le Président de la République face à ce qu'elles qualifient de menace majeure pour l'ordre constitutionnel.

Devant des militants notamment de la LUCHA, FILIMBI, AMKA Congo, Shuja-Initiative, etc, d'acteurs sociaux et de journalistes, la déclaration a été lue par le militant Jedidia Mabela, entouré de plusieurs figures de la contestation citoyenne. Ce mémorandum intervient à la suite de l'arrêt rendu le 28 juillet 2026 par la Cour constitutionnelle concernant la loi fixant les conditions d'organisation du référendum.

Pour les 64 organisations signataires, le processus législatif ayant conduit à l'adoption de ce texte a été entaché de graves irrégularités. Elles pointent du doigt des " passages en force " et des allégations persistantes de corruption et de trafic d'influence au sein de l'Assemblée nationale et du Sénat, jetant le discrédit sur la légitimité de la réforme.

Si la société civile prend acte de la décision de la haute cour validant la loi, elle relève cependant avec force qu'une disposition sur trois (treize articles sur quarante-quatre) fait l'objet de réserves d'interprétation.

" Une loi destinée à organiser une consultation populaire susceptible d'affecter la Loi fondamentale de la République ne peut raisonnablement reposer sur un texte présentant une telle fragilité juridique ", a martelé Jedidia Mabela.

Cette déclaration insiste sur le contexte socio-sécuritaire critique que traverse la République démocratique du Congo. Elle cite la poursuite des conflits armés et le drame des déplacés internes dans l'Est du pays, la persistance de la crise sanitaire, notamment l'épidémie d'Ebola, et également la détérioration continue des conditions de vie des populations et la pression sur les finances publiques.

Dans ces conditions, les activistes estiment qu'un changement constitutionnel ne répond à aucune urgence nationale, si ce n'est à des calculs politiciens visant à s'accrocher au pouvoir au-delà des échéances de 2028.

À travers ce texte, la coalition des 64 organisations formule trois demandes notamment le refus de la promulgation d'où le Chef de l'État est invité à user de sa responsabilité historique pour rejeter la loi référendum et abandonner définitivement le projet de révision constitutionnelle, la convocation d'un dialogue national inclusif et la défense ferme de l'État de droit. Alors que le texte se trouve actuellement sur la table du Président de la République dans l'attente d'une promulgation ou d'un rejet, la société civile de Kisangani rappelle que " l'Histoire retiendra les décisions prises en ce moment décisif ".

Les organisations concluent en réaffirmant leur mobilisation pacifique mais inflexible pour la préservation du pacte républicain du 18 février 2006.

Serge SINDANI, à Kisangani

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