L'épidémie de maladie à virus Ebola qui sévit en République démocratique du Congo (RDC) pourrait avoir commencé plusieurs mois avant sa déclaration officielle

Selon les dernières données communiquées ce mardi 11 août, le bilan atteint désormais 4 381 cas confirmés et 2 011 décès, faisant de cette flambée la plus rapide jamais enregistrée en matière de propagation du virus.

Déclarée officiellement le 15 mai 2026, l'épidémie avait été initialement détectée dans la province de l'Ituri, dans le nord-est du pays.

Mais les analyses épidémiologiques et génétiques réalisées depuis suggèrent que le virus circulait déjà bien avant cette date, possiblement dès le mois de février.

Des signes passés inaperçus

Cette découverte apporte un nouvel éclairage sur la progression particulièrement rapide de l'épidémie. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), les premiers cas n'ont pas immédiatement été identifiés comme des infections à Ebola.

Le directeur régional de l'OMS pour l'Afrique, Dr Mohamed Yakub Janabi, explique que certains des premiers patients étaient soupçonnés de souffrir de maladies beaucoup plus courantes dans la région, notamment le paludisme ou la fièvre typhoïde.

Ces premières orientations diagnostiques auraient retardé l'identification du virus et, par conséquent, la mise en œuvre des mesures de riposte. Les analyses génétiques ont ensuite permis de reconstituer une circulation plus ancienne du virus, plusieurs semaines avant la déclaration officielle de l'épidémie.

Une transmission qui échappe au suivi des contacts

La vitesse de propagation constitue aujourd'hui l'une des principales préoccupations des autorités sanitaires. Une part importante des nouveaux cas est détectée chez des personnes qui ne figurent pas parmi les contacts déjà connus des malades.

Cette situation complique considérablement le travail des équipes chargées de la surveillance et du suivi des chaînes de transmission. Elle laisse également penser que le virus circule largement au sein des communautés, au-delà des foyers initialement identifiés.

À la date du 11 août, les 2 011 décès confirmés rapportés sur les 4 381 cas confirmés correspondent à une létalité d'environ 45,9 %. Le bilan fait de cette flambée l'une des plus meurtrières jamais enregistrées en RDC.

Le défi du virus Bundibugyo

Autre difficulté majeure : cette épidémie est provoquée par le virus Ebola de l'espèce Bundibugyo, une souche rare pour laquelle il n'existe actuellement pas de vaccin ou de traitement homologué spécifique.

La prise en charge repose donc largement sur la détection précoce des malades, leur isolement, les soins de soutien et les mesures de prévention et de contrôle des infections. Des essais cliniques sont par ailleurs menés afin d'évaluer des candidats vaccins et traitements.

L'insécurité complique davantage la riposte

Dans plusieurs zones affectées de l'est de la RDC, les équipes sanitaires doivent également composer avec l'insécurité, les difficultés d'accès, les déplacements de populations et les faiblesses du système de santé.

À ces obstacles s'ajoutent les difficultés liées à la confiance des communautés et à la continuité des activités médicales. Pour les acteurs de la riposte, l'enjeu est donc autant sanitaire que logistique et communautaire.

L'OMS et ses partenaires appellent notamment à renforcer la surveillance au niveau communautaire, à accélérer l'identification des cas et à améliorer le suivi des personnes ayant été exposées au virus.

Une alerte sanitaire à portée internationale

La progression de l'épidémie ne concerne pas uniquement la RDC. Le 17 mai 2026, l'OMS a déterminé que l'épidémie constituait une urgence de santé publique de portée internationale, alors que des cas avaient également été signalés en Ouganda.

Cette situation renforce l'importance de la surveillance aux frontières et de la coopération entre les pays de la région des Grands Lacs.

Comprendre le retard pour mieux contenir la crise

Pour les autorités sanitaires, l'un des principaux enseignements de cette flambée réside désormais dans le délai entre l'apparition des premiers symptômes, l'identification du virus et le déclenchement de la riposte.

Le fait que certains premiers malades aient été orientés vers des diagnostics tels que le paludisme ou la fièvre typhoïde montre combien la détection précoce demeure déterminante face à une maladie dont les symptômes initiaux peuvent ressembler à ceux d'autres infections fébriles.

Alors que le bilan dépasse désormais les 2 000 décès confirmés, la question n'est plus seulement de savoir combien de personnes ont été contaminées, mais aussi combien de chaînes de transmission restent encore invisibles.

En RDC, la bataille contre Ebola se joue désormais sur la capacité des équipes sanitaires à rattraper une épidémie qui, selon les données disponibles, avait commencé à circuler bien avant que son existence ne soit officiellement reconnue.

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Source : https://kivuavenir.com/rdc-lepidemie-debola-aurait-commence-des-mois-avant-son-annonce-officielle/