Une phrase du compte rendu du Conseil des ministres du 14 août mérite d'être lue deux fois. Elle résume le consensus dégagé par l'atelier sur l'aménagement intégré du territoire national, tenu les 4 et 5 août 2026 : " l'émergence économique de la RDC dépend moins de l'adoption de nouvelles politiques sectorielles que de la cohérence de leur mise en œuvre sur le territoire national ".

Le ministre de l'Aménagement du territoire, qui la rapporte, parle d'un " consensus inédit " entre les ministères concernés, les partenaires techniques et financiers et la société civile. La liste des politiques que le document énumère donne la mesure du problème : agriculture, pêche et élevage, mines, hydrocarbures, développement rural, industrie, infrastructures, ressources hydrauliques et électricité, environnement, foncier et urbanisme, numérique, tourisme. Douze domaines, chacun doté de sa politique ambitieuse, et un cadre de convergence unique, le Schéma national d'aménagement du territoire.

Sept décisions annoncées comme six

L'atelier a produit des recommandations converties en décisions. Le compte rendu écrit que celles-ci " ont conduit à six décisions majeures ", puis en énumère sept.

Sept items sont listés. Numéro 1, l'alignement des politiques sectorielles sur les options de l'aménagement du territoire. Numéro 2, l'accélération de l'affectation et de la sécurisation des espaces stratégiques. Numéro 3, le déploiement territorial équilibré des grands projets structurants. Numéro 4, le renforcement de la coordination interministérielle. Numéro 5, la consolidation de la collaboration avec les provinces. Numéro 6, la réaffirmation du rôle du Schéma national. Numéro 7, l'adoption d'une feuille de route d'actions prioritaires. L'écart entre les six annoncés et les sept listés n'est pas expliqué.

Le deuxième item est le plus concret pour les habitants. Il vise la sécurisation des espaces destinés " aux grands bassins agricoles, aux zones industrielles, à l'extraction minière et la transformation, aux zones d'exploration et d'exploitation des hydrocarbures, aux corridors d'infrastructures, des transports, d'énergie et de communication, aux plateformes logistiques, aux réserves foncières publiques, au développement urbain, aux aires de conservation et de protections environnementales ". Dix catégories d'usage, sur un pays de vingt-six provinces. Affecter un espace, c'est décider qui y reste et qui en part. Le compte rendu ne dit rien des occupants actuels de ces espaces, ni des procédures de consultation prévues.

Le reste de la séance illustre le diagnostic de l'atelier. Le recensement industriel présenté le même jour identifie 1 226 unités, dont 264 à Kinshasa, 188 dans le Haut-Katanga et 101 dans le Lualaba. La communication présidentielle sur les hydrocarbures réclame un état des lieux du portefeuille pétrolier et gazier. Trois lectures d'un même territoire, produites dans la même séance du 14 août, sans carte commune.

Le Conseil a pris acte de la feuille de route d'actions prioritaires issue de l'atelier des 4 et 5 août. Ni son calendrier, ni son coût, ni son texte ne sont publics à ce jour.

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Source : https://beto.cd/amenagement-territoire-rdc-schema-national-atelier-aout-2026/