Le président de la République, Félix Tshisekedi, a appelé le gouvernement à accélérer la transformation des financements extérieurs en investissements concrets au bénéfice de la population. Il a formulé cette exigence lors de la 96ᵉ réunion du Conseil des ministres, présidée vendredi 14 août 2026 à la Cité de l'Union africaine, à Kinshasa.

La communication du chef de l'État a porté principalement sur la performance des projets financés par les partenaires techniques et financiers, ainsi que sur la préparation de la rentrée scolaire 2026-2027.

Plus de 8,3 milliards USD encore non décaissés

Selon le porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya, Félix Tshisekedi a pris connaissance des conclusions d'une analyse réalisée par l'Inspection générale des finances (IGF) sur la performance du portefeuille des projets financés sur ressources extérieures.

Selon ces conclusions, le portefeuille actif représente plus de 10,7 milliards de dollars américains. Toutefois, seuls 24,3 % des financements engagés ont été décaissés, laissant plus de 8,3 milliards USD disponibles mais encore non mobilisés pour la réalisation effective des projets.

Pour le chef de l'État, cette situation traduit une faible capacité à convertir les financements obtenus en investissements productifs et en résultats concrets pour les populations.

Plusieurs facteurs expliqueraient cette contre-performance, notamment les lourdeurs procédurales, les retards dans la mobilisation des fonds de contrepartie et les insuffisances dans le pilotage des projets.

Un plan gouvernemental de redressement exigé

Face à cette situation, le président de la République a instruit la Première ministre, cheffe du gouvernement, de faire de l'amélioration du taux de décaissement des projets financés sur ressources extérieures une priorité de l'action gouvernementale.

Elle devra lui soumettre un plan gouvernemental de redressement précisant les actions à mener, les responsabilités, les objectifs de performance ainsi que les mécanismes de suivi et de redevabilité.

Le vice-Premier ministre, ministre du Budget, le ministre d'État, ministre du Plan, et le ministre des Finances ont, pour leur part, été chargés de garantir la disponibilité des fonds de contrepartie, de simplifier et digitaliser les procédures relevant de leurs compétences et de renforcer la coordination avec les partenaires techniques et financiers.

Les ministres sectoriels devront également identifier et lever sans délai les obstacles qui affectent l'exécution de leurs projets et assurer un suivi régulier basé sur des indicateurs de performance.

Un tableau de bord national pour suivre les projets

Le chef de l'État a par ailleurs demandé à la Première ministre de mettre en place un mécanisme interministériel permanent de suivi, adossé à un tableau de bord national.

Cet outil devra permettre de suivre, projet par projet, les décaissements effectués, l'état d'avancement des travaux, les contraintes rencontrées et les mesures correctives adoptées.

L'Inspection générale des finances a également été instruite de poursuivre, dans le respect de ses attributions, son travail d'accompagnement, d'alerte et d'évaluation de la performance des projets.

Rentrée scolaire : le gouvernement appelé à garantir une reprise apaisée

Le deuxième volet de la communication présidentielle a porté sur la préparation de la rentrée scolaire 2026-2027.

À l'approche de cette échéance, Patrick Muyaya a laissé entendre que Félix Tshisekedi a appelé le gouvernement à maintenir une mobilisation soutenue afin de garantir à chaque enfant congolais l'exercice effectif de son droit à l'éducation.

Une attention particulière devra être accordée à la préservation de la paix sociale dans le secteur éducatif. Le président de la République a notamment insisté sur la nécessité de maintenir un dialogue permanent avec les enseignants, de respecter les engagements pris par le gouvernement et de consolider les acquis de la gratuité de l'enseignement.

L'objectif est d'assurer une reprise effective et régulière des cours dès le premier jour de la rentrée.

Une attention particulière pour le Nord-Kivu et le Sud-Kivu

La préparation de la rentrée devra également prendre en compte les enjeux éducatifs, socio-financiers, sanitaires, sécuritaires et de mobilité.

Une attention particulière est requise pour les enfants du Nord-Kivu et du Sud-Kivu affectés par les conflits et l'occupation de certaines zones.

Pour répondre à ces défis, le chef de l'État a chargé la Première ministre de coordonner un dispositif gouvernemental spécial de préparation et d'accompagnement de la rentrée scolaire 2026-2027 sur l'ensemble du territoire national.

Rédaction

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