La Première ministre Judith Suminwa a présidé le 17 août 2026 à Kinshasa la signature de la convention unique qui lance " Vunga ", un dispositif destiné à faciliter l'accès au crédit des petites et moyennes entreprises et des sous-traitants congolais. Le nom signifie couverture.

Quatre signataires portent le mécanisme, et chacun tient un rôle distinct. L'Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé valide et certifie la conformité des sous-traitants congolais pour les intégrer dans les chaînes de valeur. Le Fonds de garantie de l'entrepreneuriat au Congo apporte la garantie qui lève l'obstacle du financement. RAWSUR Assurances prend en charge la couverture assurantielle. Rawbank intervient comme arrangeur et comme financeur.

Les paramètres du crédit ont été détaillés par Gancho Kipulu, responsable national secteur public et clients étatiques chez Rawbank. " Les entreprises éligibles pourront ainsi bénéficier de financements pouvant aller jusqu'à 50 % de la valeur du marché, pour des montants compris entre 10 000 et 1 million de dollars américains, avec des maturités pouvant atteindre 120 jours, selon les besoins liés à l'exécution et au paiement des marchés ", a-t-il déclaré.

Ces trois chiffres disent la nature exacte du produit. Une maturité de 120 jours ne finance pas une usine, elle finance un cycle. Vunga est un crédit de trésorerie adossé à un marché déjà obtenu, destiné à couvrir le décalage entre la commande et le paiement. C'est précisément le point où meurent la plupart des PME congolaises, et c'est aussi la raison pour laquelle le dispositif ne prétend pas remplacer l'investissement.

Une garantie n'est pas une subvention

Le message le plus utile de la cérémonie est venu du Fonds de garantie lui-même. " Nous devons soutenir les micros, petites et moyennes entreprises viables, qui doivent surtout comprendre la nécessité de se former. Parce que c'est très facile d'obtenir un crédit, mais pour l'exécuter, il y a quand même des notions que les uns et les autres doivent maîtriser ", a expliqué Luto Nzolantima. Il a ajouté la phrase qui devrait figurer sur chaque brochure du programme : " Le Fonds de garantie ne signifie pas qu'on offre de l'argent. Ce n'est qu'une garantie auprès des banques. "

La Première ministre a posé la même exigence en clôture. Les financements doivent aller aux entreprises capables d'exécuter les marchés conclus, et les bénéficiaires doivent comprendre que le crédit est une opportunité autant qu'un engagement. " Vunga ne doit pas devenir un simple produit financier. Il doit devenir un outil de transformation économique ", a-t-elle souligné.

Le dispositif est présenté comme un complément. Judith Suminwa l'a rattaché au programme présidentiel " Debout Jeunes Congolais " et aux mesures d'application de l'ordonnance-loi de 2022 sur la promotion de l'entrepreneuriat, texte qui réserve une place aux financements innovants et à l'entrepreneuriat des jeunes, des personnes vivant avec un handicap et des femmes. Il relève du quatrième pilier du programme d'actions du gouvernement 2024-2028, consacré à l'emploi, à l'insertion sociale et à l'entrepreneuriat des jeunes. Le ministre de l'Entrepreneuriat et des Petites et Moyennes Entreprises, Justin Kalumba, a salué le programme pilote, qui a vocation à s'étendre à l'échelle nationale.

Cinq chiffres que le lancement ne donne pas

Le communiqué décrit un mécanisme, il n'en publie pas l'économie. Cinq données manquent, et ce sont celles qui diront la portée réelle du dispositif. Le volume total de garantie engagé par le FOGEC n'est pas indiqué. La quotité couverte non plus : sur un crédit accordé, la banque conserve une part de risque dont le pourcentage n'est pas communiqué. Le taux d'intérêt appliqué aux bénéficiaires n'est pas donné, ni les commissions d'arrangement et d'assurance. Le nombre d'entreprises attendues sur la phase pilote n'est pas chiffré, alors que le communiqué évoque des milliers de micro-entrepreneurs à travers le pays. Enfin, aucune date d'ouverture des guichets n'est fixée, le texte indiquant seulement que les bénéficiaires pourront y accéder " d'ici quelques semaines ".

Une question de procédure mérite d'être posée aux signataires. Le dispositif associe une banque unique, arrangeur et financeur, et un assureur dont la dénomination commerciale est voisine. Savoir si le mécanisme sera ouvert à d'autres établissements bancaires et à d'autres assureurs, et selon quelles modalités, détermine si Vunga est une politique publique ou un partenariat exclusif.

Le contexte budgétaire donne au choix de la garantie une logique qui lui est favorable. Le Conseil des ministres du 14 août a constaté que 8,3 milliards de dollars de financements extérieurs restaient non décaissés, et le budget d'équipement de l'État s'exécutait à 0,24 % au 30 avril. Un État qui peine à décaisser peut encore garantir. Reste à savoir combien.

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Source : https://beto.cd/vunga-rdc-acces-credit-sous-traitants-pme-suminwa-arsp-fogec/