Dans le secteur de Bapere, en territoire de Lubero, la question n'est pas de savoir comment les élèves rentreront le 1er septembre, mais s'il reste une école debout pour les accueillir. " Presque toutes les écoles de l'intérieur ne fonctionnent plus. Il y a aujourd'hui des écoles dont je doute qu'elles puissent ouvrir leurs portes, compte tenu du délabrement très avancé. Compte tenu de la situation qui a prévalu dans la zone, il n'y aura pas, en tout cas, de rentrée dans cette zone ", avertit Samuel Kaheni, président de la société civile locale.

Les localités de Bandulu et de Migege ne disposent pratiquement plus de salles de classe fonctionnelles, à la suite des incursions répétées des Forces démocratiques alliées. Les axes Mangurijipa-Bandulu et Dimanja, ainsi que les zones de Kyambwehe et de Nziapanda, sont dans la même situation. La société civile réclame un programme d'urgence de reconstruction des infrastructures scolaires.

Plus au nord, sur le site de Mambangu, à la périphérie de Beni, l'obstacle n'est pas le bâtiment mais le déplacement. Des familles arrivées récemment de Goma cherchent à inscrire des enfants qu'elles ne peuvent ni vêtir ni équiper. " Je ne sais pas comment les inscrire car ils viennent d'arriver de Goma. Comment emmener l'enfant à l'école ? ", interroge un parent. Une adolescente résume le décrochage en une phrase : " Je n'ai pas étudié l'année passée. Je serais maintenant en 5e année des humanités. On n'a pas encore acheté les uniformes. "

" Les enfants ont du mal à trouver de quoi se nourrir, de quoi se vêtir ", rappelle Héritier Gasisiro, président de la société civile de Nyiragongo à Beni, dont les propos ont été rapportés par Radio Okapi. Le scénario n'est pas neuf : à la rentrée précédente déjà, des enfants déplacés de Beni avaient manqué l'école et basculé vers la mendicité.

Le dispositif national ne connaît qu'une seule couleur de risque

Le gouvernement a présenté le 18 août son dispositif pour le 1er septembre. Il classe les territoires scolaires en trois niveaux, vert, orange et rouge, et prévoit un enseignement à distance léger dans dix-huit sous-divisions à haut risque. Ce classement repose sur un seul critère : la circulation du virus Ebola. Les zones où les écoles ont été détruites et celles où les élèves sont des déplacés sans ressources n'y figurent pas.

Le dispositif Ebola prévoit des feuilles, des livres et des émissions de radio pour maintenir les enfants en activité. Rien d'équivalent n'a été annoncé pour Bapere, où il n'y a plus de salle, ni pour Mambangu, où il n'y a pas d'uniforme. Le ministère de l'Éducation nationale n'a pas communiqué le nombre d'élèves privés d'école par les conflits armés à l'approche de cette rentrée.

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