Les députés provinciaux affiliés à l'UDPS et à ses formations alliées s'opposent à toute recomposition de l'exécutif provincial à ce stade, estimant qu'une telle initiative serait inadaptée au regard du contexte sécuritaire et humanitaire qui prévaut dans l'Est de la République démocratique du Congo.
Dans une correspondance adressée à Augustin Kabuya, secrétaire général et président ad intérim de l'UDPS, les élus provinciaux indiquent avoir tenu, dimanche 9 août dernier, une réunion consacrée à cette question, à la suite d'une sollicitation de la direction du parti.
À l'issue des échanges, les parlementaires ont estimé que le moment ne se prêtait pas à une réorganisation de l'équipe gouvernementale dirigée par le gouverneur Jean-Jacques Purusi.
Pour eux, les priorités demeurent ailleurs : répondre à l'urgence sécuritaire, accompagner les populations affectées par les violences et préserver la stabilité des institutions provinciales.
Une procédure parlementaire encore en cours
Au-delà du contexte sécuritaire, les députés mettent en avant un autre élément institutionnel : le gouvernement provincial fait actuellement l'objet d'une motion de censure.
Dans leur démarche, les élus considèrent qu'une éventuelle modification de l'équipe gouvernementale ne devrait être envisagée qu'au terme de cette procédure parlementaire.
Ils invoquent également les engagements pris antérieurement entre l'Assemblée provinciale et l'exécutif du Sud-Kivu, notamment ceux consignés dans l'acte d'engagement signé le 23 mai 2026.
Pour ces parlementaires, le respect de la procédure et des engagements institutionnels constitue une condition essentielle à la préservation de l'équilibre entre les différents organes de la province.
L'appel au dialogue dans un contexte de crise
La prise de position des élus intervient alors que le Sud-Kivu, à l'instar du Nord-Kivu et de l'Ituri, reste confronté à une crise sécuritaire dont les conséquences pèsent lourdement sur les populations civiles.
Les signataires disent rejoindre les inquiétudes exprimées par plusieurs autres composantes politiques face à la persistance des violences, aux déplacements de populations et à la dégradation des conditions de vie dans l'Est du pays.
Ils réaffirment, dans le même temps, leur adhésion au principe du dialogue entre Congolais, notamment à l'initiative annoncée par le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, ainsi qu'aux démarches de négociation engagées pour tenter de parvenir à une solution politique durable à la crise qui secoue l'est de la RDC.
Soutien affiché aux forces engagées sur le terrain
Sur le plan sécuritaire, les députés renouvellent leur appui aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et aux groupes d'autodéfense Wazalendo, qu'ils présentent comme engagés dans la protection de l'intégrité territoriale du pays.
Cette déclaration traduit une volonté de maintenir le débat politique provincial dans le sillage des préoccupations nationales, alors que la situation sécuritaire continue de dominer l'agenda institutionnel dans l'Est de la RDC.
La correspondance porte les signatures de douze députés provinciaux, dont David Bubasha Tangania, Rusamaki Ngarusi David, Basimane Jérémie, Karume Bahige Jean, Bisimwa Sinderi Théophile, Kinja Mwendanga Béatrice, Dieudonné M. Kahongo, Alimasi Malumbi Matthieu, Boakanga Pimo Isaac, Mwami Muligi Mabanze Marcel, Balekage Ntambuka Roger et Balyana Mastaki Nestor.
À travers cette démarche, ces élus entendent ainsi faire prévaloir la continuité institutionnelle et le respect des mécanismes parlementaires, plutôt qu'une recomposition immédiate de l'exécutif provincial.
Reste désormais à savoir si cette position parviendra à infléchir les intentions du gouverneur Jean-Jacques Purusi et à ouvrir une nouvelle séquence de dialogue entre les institutions provinciales.
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