La cérémonie a clôturé huit jours d'atelier consacrés au renforcement des capacités des réseaux et organisations féminines. L'activité a été organisée par le Cadre permanent de concertation de la femme congolaise (CAFCO) au Sud-Kivu, avec le soutien du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) et d'ONU Femmes, dans le cadre du projet consacré à la promotion d'une paix durable et inclusive par la mise en synergie des organisations féminines et des mécanismes de coordination en République démocratique du Congo.
Plus de vingt participants, en majorité des femmes, ont pris part aux travaux. Ils ont notamment convenu de mutualiser leurs efforts, de développer des initiatives communes en faveur de la paix et de renforcer les échanges avec les autorités, les organisations communautaires, les acteurs humanitaires ainsi que les autres intervenants engagés dans la stabilisation de la ville.
L'acte signé prévoit également un accent particulier sur le leadership féminin et l'implication des jeunes filles dans la médiation, la prévention des conflits, le plaidoyer et les processus de consolidation de la paix. Les organisations participantes entendent par ailleurs intensifier la lutte contre les violences basées sur le genre, améliorer la circulation de l'information et renforcer les dispositifs d'alerte précoce.
Parmi les structures impliquées figure l'Union des femmes des médias pour la paix (UFMP Sud-Kivu), qui s'engage, aux côtés des autres organisations, à porter des actions communes en faveur des droits et des priorités des femmes.
La dernière journée de l'activité a été marquée par une caravane motorisée organisée en marge de la Journée mondiale de l'aide humanitaire. Placée sous le thème " Ensemble, construisons une paix durable et inclusive pour renforcer la cohésion sociale à Uvira ", elle a rassemblé plusieurs participants et acteurs de la société civile.
Accompagnée par la fanfare kimbanguiste, la caravane est partie du pont Kalimabenge avant de rejoindre l'hôtel de ville d'Uvira. C'est à cet endroit que l'acte d'engagement a été officiellement remis aux autorités municipales.
Le document a été réceptionné au nom du maire par Jeanne d'Arc Chakupewa Mutambala, cheffe de Division unique. Elle a été la première à apposer sa signature, suivie par les représentantes et représentants des différentes organisations féminines.
S'exprimant au nom de l'autorité urbaine, la responsable administrative a salué l'initiative et encouragé les femmes à traduire leurs engagements en actions concrètes au sein des familles et des communautés.
" La signature de cet acte d'engagement constitue une responsabilité pour chacune de vous ", a-t-elle déclaré, appelant les participantes à assumer pleinement leur rôle d'actrices de paix.
Elle a également assuré que son service restait disposé à accompagner la démarche et à transmettre le document aux autorités compétentes.
Pour Fabienne Chekanabo, directrice exécutive provinciale du CAFCO Sud-Kivu, l'objectif de la rencontre dépassait la simple formation. Il s'agissait aussi de jeter les bases d'un comité technique de pilotage inclusif à l'échelle provinciale.
Cette structure doit contribuer à rapprocher les organisations féminines, les mouvements de jeunes, les services étatiques concernés et les mécanismes chargés de la mise en uvre des résolutions 1325 et 2250 du Conseil de sécurité des Nations unies, consacrées respectivement aux femmes, à la paix et à la sécurité, ainsi qu'au rôle des jeunes dans la prévention et la résolution des conflits.
Les responsables du CAFCO Sud-Kivu et Déo Bahizire Kajemba, de l'UNFPA, ont appelé les membres du comité ainsi que les autres participants à sortir des initiatives isolées. Ils les ont encouragés à partager leurs expériences, à mettre en commun leurs ressources et à assurer une meilleure circulation de l'information afin d'accroître l'impact de leurs interventions.
Au cours des huit jours de travaux, les participants ont été formés notamment à la gestion des conflits, au dialogue inclusif et au leadership transformationnel. Les échanges ont également porté sur les facteurs qui fragilisent la paix et la cohésion sociale à Uvira, ainsi que sur les obstacles qui limitent encore la présence des femmes dans certains mécanismes de résolution des conflits.
Avec l'accompagnement de Me Papy Kajabika, facilitateur de la formation, les participants ont identifié plusieurs pistes d'action susceptibles de favoriser une meilleure implication des femmes et des jeunes dans les processus de paix.
La rencontre a ainsi débouché sur des propositions d'initiatives destinées à renforcer la cohésion entre les communautés et à contribuer à la protection des populations vulnérables.
De passage au Tribunal de grande instance d'Uvira, le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi Sadiki, a pour sa part salué l'engagement des femmes impliquées dans cette démarche avant de poursuivre son déplacement.
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