Dans une ville encore sous le choc, familles, proches, membres de la communauté éducative et autorités se sont retrouvés pour accompagner les disparus jusqu'à leur dernière demeure.

Dès les premières heures de la matinée, les dépouilles ont quitté la morgue de l'Hôpital provincial général de référence de Bukavu. Elles ont ensuite été conduites à l'Athénée d'Ibanda, où une cérémonie funéraire a réuni plusieurs centaines de personnes dans la grande salle de l'établissement.

L'hommage s'est déroulé en présence notamment de Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa, ainsi que de plusieurs responsables provinciaux et locaux de l'AFC-M23. Des représentants des familles et du secteur éducatif ont également pris part à cette cérémonie consacrée aux victimes du sinistre.

Dans leurs différentes interventions, les responsables présents ont exprimé leur compassion aux familles éprouvées. Ils ont appelé la population à faire de cette tragédie un avertissement et à renforcer les comportements susceptibles de prévenir de nouveaux incendies.

La question de la sécurité urbaine a occupé une place importante dans les discours. Les autorités ont notamment insisté sur la nécessité d'éviter les constructions anarchiques, de demeurer attentif aux situations inhabituelles et de signaler aux services compétents tout fait susceptible de constituer une menace.

Elles ont également plaidé pour une coopération accrue entre les habitants et les autorités locales. Pour elles, la prévention des incendies ne peut reposer uniquement sur l'intervention après le sinistre : elle suppose aussi la vigilance quotidienne, l'alerte rapide et une meilleure organisation des espaces urbains.

Corneille Nangaa, coordonnateur politique de l'AFC-M23 a appelé les habitants de Bukavu à rester particulièrement vigilants et à tirer les enseignements de l'incendie de Cimpunda. Il a également insisté sur la responsabilité collective dans la prévention de tels drames.

Cette cérémonie intervient alors que la ville observe les mesures de deuil annoncées après l'incendie. Dans un communiqué daté du 12 septembre, le maire de Bukavu, Nicolas Kyalangalilwa avait annoncé le report à midi du début des activités scolaires, commerciales et socioéconomiques pour ce lundi, afin de permettre à la population de participer à la journée de compassion en faveur des familles endeuillées.

Le bilan établi fait état de 27 victimes, parmi lesquelles des élèves, des enseignants et d'autres personnes. Au-delà des chiffres, le drame a laissé derrière lui des familles confrontées à une absence brutale et une communauté scolaire profondément touchée.

Après la cérémonie de l'Athénée d'Ibanda, les dépouilles ont été conduites vers différents lieux d'inhumation. La Cimenterie de la Ruzizi a accueilli certaines d'entre elles, tandis que d'autres familles ont choisi des lieux différents, conformément à leurs volontés et aux rites funéraires qui leur sont propres. Les victimes n'ont donc pas toutes été enterrées au même endroit.

Dans les rues de Bukavu, cette journée a été celle du silence, de la prière et des adieux. Pour les proches, il ne s'agissait plus seulement de compter les morts, mais de conduire des parents, des enfants, des enseignants et des membres de leurs communautés vers la dernière étape de leur parcours.

Mais derrière le deuil demeure une autre exigence : comprendre. Les circonstances exactes de l'incendie, ses causes, les éventuelles défaillances dans la prévention et les moyens disponibles pour faire face à ce type de catastrophe devront être examinés avec rigueur.

Le drame de Cimpunda remet ainsi au premier plan la question de la sécurité dans une ville confrontée à une forte densité urbaine et à de multiples contraintes. Issues de secours, accès aux bâtiments, dispositifs d'extinction, voies d'évacuation, organisation des secours et sensibilisation de la population sont autant de questions qui appellent désormais des réponses concrètes.

Pour les familles, toutefois, l'heure reste au deuil. Elles ont accompagné leurs disparus selon leurs traditions et leurs choix, dans l'intimité ou aux côtés de la communauté.

À Bukavu, les hommages de ce 14 septembre referment une première séquence, celle de l'urgence et des adieux. Une autre commence : celle des explications, de la prévention et des mesures à prendre pour que la mémoire des 27 victimes ne se réduise pas à une journée de tristesse, mais contribue à rendre la ville plus sûre.

 

L'article Bukavu : la ville rend hommage aux 27 victimes de l'incendie de Cimpunda est apparu en premier sur Kivu-Avenir.



Source : https://kivuavenir.com/bukavu-la-ville-rend-hommage-aux-27-victimes-de-lincendie-de-cimpunda/