Sept provinces en quatre mois. L'épidémie de maladie à virus Ebola déclarée le 15 mai 2026 en République démocratique du Congo a commencé en Ituri et touchait, au 13 septembre, sept des vingt-six provinces du pays. BETO a repris les bulletins de l'Organisation mondiale de la santé, les rapports du Centre d'opérations d'urgence de santé publique et ceux d'Africa CDC pour établir, province par province, la date d'entrée, la zone de santé du premier cas et le bilan arrêté au 13 septembre.
Ituri, 15 mai, zone de santé de Mongbwalu
Le 14 mai 2026, les autorités nationales notifient à l'OMS, depuis le Centre d'opérations d'urgence de santé publique, huit cas confirmés en laboratoire. Le lendemain, le séquençage réalisé par l'Institut national de recherche biomédicale identifie le virus Bundibugyo. Le 15 mai, le ministère de la Santé publique, de l'Hygiène et de la Prévoyance sociale déclare officiellement la dix-septième épidémie d'Ebola de l'histoire du pays.
L'OMS situe l'origine de l'événement dans la zone de santé de Mongbwalu, qu'elle décrit comme une zone minière à fort passage, les malades ayant ensuite gagné Rwampara et Bunia pour se faire soigner. Le cas index présumé est un soignant. La date de début de ses symptômes fait l'objet de deux mentions : le 24 avril selon l'OMS, le 25 avril selon Africa CDC.
Au 13 septembre, l'Ituri comptait 5 659 cas confirmés et 2 583 décès, dans 28 de ses 36 zones de santé. Soit 78 % des cas du pays.
Nord-Kivu, entre le 16 et le 18 mai, Goma
La date exacte d'entrée du Nord-Kivu n'est pas établie par les documents disponibles. Le bulletin d'alerte de l'OMS arrêté au 15 mai ne mentionne que l'Ituri, et signale que des grappes inhabituelles de décès communautaires aux symptômes compatibles font l'objet d'investigations dans d'autres zones de santé de l'Ituri et du Nord-Kivu. Trois jours plus tard, le premier rapport de situation d'Africa CDC, daté du 18 mai, liste déjà Goma parmi les zones de santé touchées. Le rapport du Centre d'opérations d'urgence de santé publique du 19 mai compte deux provinces et trois cas confirmés au Nord-Kivu, dans les zones de santé de Goma, Katwa et Butembo.
Au 13 septembre, le Nord-Kivu comptait 1 281 cas et 797 décès, dans 16 de ses 34 zones de santé. C'est le deuxième foyer du pays, et celui qui progresse le plus vite après l'Ituri.
Sud-Kivu, 19 mai, Miti-Murhesa, et plus rien depuis
Le 19 mai, une alerte de fièvre hémorragique virale est remontée de la zone de santé de Miti-Murhesa. Le cas sera confirmé. Le rapport du Centre d'opérations d'urgence de santé publique du 21 mai enregistre " une nouvelle province touchée (Sud-Kivu) ".
Le Sud-Kivu en est resté là. Trois cas, un décès, une zone de santé sur 34. Le bulletin d'alerte de l'OMS publié le 10 septembre indique qu'aucun cas nouveau n'y a été enregistré depuis le 29 mai. Près de quatre mois sans transmission documentée dans une province de plus de sept millions d'habitants.
Haut-Uélé et Tshopo, le 30 juin, par le voyage
Les quatrième et cinquième provinces entrent le même jour, et par le même mécanisme. Le bulletin d'alerte de l'OMS du 3 juillet l'écrit en une phrase, publiée en anglais et que nous reproduisons sans la traduire : " Following epidemiological investigations, three confirmed cases with travel history from Nia Nia health zone in Ituri province have been reported on 30 June in Wamba health zone in Haut Uele Province and Kisangani in Tshopo province. "
Trois malades partis de la zone de santé de Nia Nia, en Ituri, ouvrent donc deux fronts d'un coup : Wamba dans le Haut-Uélé et Kisangani dans la Tshopo. Aucune des sources consultées ne départage les deux provinces dans le temps.
Le Haut-Uélé a suivi la trajectoire la plus lourde des cinq provinces secondaires : au 13 septembre, 281 cas et 115 décès, dans 6 de ses 13 zones de santé. La Tshopo comptait à la même date 28 cas et 10 décès, dans 7 de ses 23 zones de santé.
La reconnaissance officielle a pris du temps. Le rapport du Centre d'opérations d'urgence de santé publique du 8 juillet compte encore trois provinces touchées, tout en signalant que deux cas ont été détectés à Kisangani : il précise que les trois provinces officiellement touchées restent inchangées. Le bulletin d'alerte de l'OMS du 17 juillet en liste cinq. Le rapport du Centre d'opérations d'urgence du 25 juillet en liste cinq à son tour.
Bas-Uélé, 12 août
La sixième province entre le 12 août. Le bulletin d'alerte de l'OMS du 28 août l'écrit ainsi, en anglais : " The most recently affected province, Bas-Uélé, started reporting cases since 12 August. " L'évaluation rapide des risques de l'OMS du 14 août retient la même date.
La zone de santé du premier cas n'est pas tranchée par les sources. Le bulletin du 28 août cite Ganga et Viadana comme les premières zones du Bas-Uélé à avoir confirmé des cas, et les range toutes deux parmi les zones nouvellement touchées. Le bulletin hebdomadaire arrêté au 23 août présente Viadana comme nouvellement atteinte cette semaine-là, ce qui placerait plutôt Ganga en premier. Aucun document consulté ne le dit explicitement.
Au 13 septembre, le Bas-Uélé comptait 5 cas et 3 décès, dans 3 de ses 11 zones de santé.
Sud-Ubangi, 10 septembre, zone de santé de Gbulu
La septième province est entrée le jeudi 10 septembre, après les résultats d'analyse de l'Institut national de recherche biomédicale. La zone de santé concernée est celle de Gbulu.
Le gouverneur intérimaire du Sud-Ubangi, Jean-René Galekwa Vundawe, a appelé la population à consulter sans attendre, cité par Radio Okapi le 11 septembre : " Une prise en charge rapide permet de sauver des vies. " Au 13 septembre, la province comptait un cas et un décès, dans une de ses 16 zones de santé.
L'Ituri recule en part, pas en nombre
Au 31 août, le Centre d'opérations d'urgence de santé publique écrivait : " Ituri demeure l'épicentre de l'épidémie, concentrant 81,9 % des cas confirmés cumulés. " Treize jours plus tard, cette part est de 78 %.
Le recul est arithmétique, pas épidémiologique. L'Ituri n'a pas moins de cas, il en a davantage. C'est le Nord-Kivu qui monte plus vite et fait baisser la part de l'Ituri dans le total national. La géographie de l'épidémie se déplace vers le sud sans que son épicentre se vide.
Tshopo, deux comptages à trois jours d'intervalle
Les chiffres de la Tshopo divergent selon la date et la source. Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies retient, pour des données arrêtées au 13 septembre, 28 cas confirmés, 10 décès et 7 zones de santé touchées sur 23. Le 16 septembre à Kisangani, lors du lancement du projet " Fleuve Congo sans Ebola ", les chiffres annoncés sont de 29 cas confirmés, 14 décès, 11 guéris et 6 cas actifs, selon Radio Okapi. Quatre décès de plus en trois jours, que les sources disponibles n'expliquent pas.
Le projet lancé ce jour-là vise la sensibilisation des voyageurs sur le fleuve. Le professeur Didier Bompangue, de l'OMS, en a chiffré le budget à environ 8 millions de dollars américains. Le ministre provincial de l'Intérieur, Michel Bakay, y représentait le gouverneur de la Tshopo. Pour mémoire, le rapport du Centre d'opérations d'urgence de santé publique arrêté au 31 août recensait dans la province 19 cas, 9 décès et déjà 7 zones de santé touchées sur 23.
Comment nous avons fait
Sources. Organisation mondiale de la santé, Disease Outbreak News des 16 mai, 22 mai, 3 juillet, 17 juillet, 28 août et 10 septembre 2026 ; évaluations rapides des risques des 26 mai et 14 août 2026 ; Weekly External Situation Report, numéros 14 et 15. Centre européen de prévention et de contrôle des maladies, page de suivi de l'épidémie, données arrêtées au 13 septembre 2026, pour la ventilation provinciale des cas, des décès et des zones de santé. Africa CDC, Situation Report numéro 1 du 18 mai 2026. Centre d'opérations d'urgence de santé publique de la RDC, rapports de situation des 19 mai, 21 mai, 8 juillet, 25 juillet et 31 août 2026. Radio Okapi, 11 et 16 septembre 2026. Consultation le 18 septembre 2026.
Définitions. Date d'entrée : date du premier cas confirmé dans la province, sauf pour l'Ituri, où la date retenue est celle de la déclaration officielle de l'épidémie, et pour le Nord-Kivu, où seule une fourchette est documentée. Zone de santé : unité administrative sanitaire de base en RDC ; le pays en compte 519.
Limites. La date d'entrée du Nord-Kivu n'est pas documentée à la journée près. L'ordre entre le Haut-Uélé et la Tshopo ne l'est pas non plus : les deux provinces apparaissent à la même date, dans la même phrase du même document. La zone de santé du premier cas du Bas-Uélé reste incertaine entre Ganga et Viadana. Les bilans provinciaux retenus sont ceux d'une source européenne, la ventilation congolaise la plus récente que nous ayons pu établir s'arrêtant au 31 août. Les chiffres cités pour la Tshopo au 16 septembre proviennent d'une annonce publique et non d'un bulletin.
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Source : https://beto.cd/ebola-rdc-sept-provinces-ordre-entree-epidemie/
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