Le 19 août 2026, le Groupe stratégique consultatif d'experts sur la vaccination de l'Organisation mondiale de la santé a conclu que les preuves disponibles restent insuffisantes pour un usage programmatique du vaccin Ervebo contre la maladie à virus Bundibugyo, et que son efficacité chez l'humain contre cette souche demeure inconnue. L'OMS recommande en conséquence de ne l'utiliser que dans le cadre d'un protocole de recherche.

C'est cette souche, le Bundibugyo, qui circule en République démocratique du Congo. Et c'est ce vaccin qui est administré depuis le mois d'août à Kisangani, à Buta et, marginalement, à Bunia.

" Son efficacité contre le Bundibugyo chez l'humain demeure inconnue "

La conclusion du comité d'experts est restituée dans le rapport hebdomadaire de situation externe numéro 17 de l'OMS, arrêté au 6 septembre et publié le 8 septembre 2026. Dans une traduction de BETO depuis l'anglais : " Les preuves disponibles restent insuffisantes pour soutenir l'usage programmatique d'Ervebo pour la prévention de la maladie à virus Bundibugyo, et son efficacité contre cette maladie chez l'humain demeure inconnue. L'OMS recommande donc qu'Ervebo ne soit utilisé contre la maladie à virus Bundibugyo que dans le cadre d'un protocole de recherche. " (Organisation mondiale de la santé, rapport hebdomadaire de situation externe numéro 17, 8 septembre 2026, restituant la conclusion du comité du 19 août 2026.)

Ervebo est homologué contre la souche Zaïre. La souche Bundibugyo ne dispose à ce jour ni de vaccin ni de traitement spécifique homologué, comme le rappelait Radio Okapi le 9 septembre.

BETO avait documenté, dès le mois d'août, la recommandation de l'OMS d'inscrire l'usage d'Ervebo contre le Bundibugyo dans un essai de phase 3, puis le démarrage de la vaccination des acteurs de première ligne en Tshopo.

Sur 70 000 doses, 40 000 sont affectées à deux études

Les 70 000 doses allouées le 17 août sont réparties en trois enveloppes distinctes. Vingt mille doses vont à un essai clinique de phase 3. Vingt mille autres alimentent l'étude observationnelle BRAVO, qui mesure l'efficacité vaccinale chez les soignants d'Ituri. Les 30 000 restantes sont administrées hors autorisation de mise sur le marché aux soignants et aux personnels de première ligne, sous protocoles distincts assortis d'un consentement éclairé.

Aucune de ces trois enveloppes ne relève d'une campagne de vaccination ordinaire. Les deux premières sont de la recherche déclarée, la troisième un usage compassionnel encadré.

L'Ituri concentre 80,2 % des cas et a reçu 1 % des vaccinations

Au 6 septembre, 2 007 personnes avaient été vaccinées dans six zones de santé de trois provinces : 1 083 à Makiso-Kisangani, 195 à Mangobo, 156 à Kabondo et 55 à Bafwasende, toutes en Tshopo ; 498 à Buta, dans le Bas-Uélé ; et 20 à Gombe, en Ituri.

L'Ituri, qui concentre 80,2 % des cas cumulés de l'épidémie, a donc reçu 20 vaccinations sur 2 007, soit 1 % du total. La Tshopo, où aucun foyer majeur n'est documenté, en a reçu 1 489, soit 74,2 %.

Cette répartition est déjà contestée dans le pays. Dans son bulletin infodémique du 24 au 30 août, mis en ligne le 8 septembre, l'Institut national de santé publique relève que neuf réactions médias sur treize portant sur la vaccination demandent de prioriser l'Ituri, et retient comme verbatim dominant : " C'est l'Ituri l'épicentre, mais vous débutez la vaccination à Kisangani : pourquoi cela ? " (Institut national de santé publique, bulletin infodémique MVE 24-30 août 2026.)

Le gouverneur du Haut-Uélé s'est fait vacciner dans une autre province

Le gouverneur du Haut-Uélé, Jean Bakomito, s'est fait vacciner à Kisangani, en Tshopo, avec ses collaborateurs. Au 8 septembre, le vaccin n'était toujours pas arrivé dans sa propre province, où 253 cas et 106 décès étaient recensés.

Interrogé par l'Agence congolaise de presse à Isiro le 8 septembre 2026, il a déclaré : " Même si le vaccin arrivait, il n'y a pas du mal, ou d'intoxication à faire au tour de ça, parce que nous-mêmes nous avons été vaccinés. "

La démonstration porte sur l'innocuité du produit, question sur laquelle le comité de l'OMS ne s'est pas prononcé négativement. Elle ne porte pas sur son efficacité contre la souche qui circule, seul point sur lequel le comité s'est prononcé, et pour dire qu'elle est inconnue.

Ce qui reste à établir

  • Les critères ayant conduit à commencer la vaccination par Kisangani plutôt que par Bunia ne sont exposés dans aucun document public.
  • Le protocole de l'étude BRAVO n'est pas publié.
  • Le ministère de la Santé publique n'a pas dit publiquement comment il articule le mot " vaccination " avec le statut de recherche fixé par l'OMS.
  • Les modalités de recueil du consentement éclairé pour les 30 000 doses hors autorisation de mise sur le marché ne sont pas décrites.

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Source : https://beto.cd/ebola-ervebo-bundibugyo-efficacite-inconnue-ituri-1-pourcent/