Des tirs nourris ont été entendus à Kaniola, dans le territoire de Walungu au Sud-Kivu, de dix-neuf heures le dimanche 6 septembre jusqu'à environ trois heures du matin le lundi 7. Le gouvernement provincial fait état d'au moins cinq corps sans vie et de plusieurs personnes portées disparues.
C'est la deuxième dénonciation officielle en quatre jours sur la même localité.
Huit heures de tirs, des civils extirpés de leurs maisons
Le communiqué du gouvernement provincial du Sud-Kivu, publié le lundi 7 septembre, décrit une attaque au cours de laquelle des civils ont été extirpés de leurs domiciles, puis plusieurs exécutés.
Les corps ont été retrouvés notamment aux alentours du centre de santé de Kaniola.
" Le Gouvernement provincial du Sud-Kivu dénonce une fois de plus avec la plus grande fermeté les massacres et les exactions commis par la Rébellion de l'AFC M23 soutenue par le Rwanda contre les populations civiles de Kaniola, dans le territoire de Walungu ", écrit le communiqué provincial.
Le texte exige l'identification, la poursuite et la traduction devant les juridictions compétentes des responsables de ces crimes, et appelle le gouvernement de la République à renforcer d'urgence la protection des populations civiles de Kaniola.
Une province qui demande la vérification de son propre bilan
Le point le plus inhabituel du communiqué tient à sa prudence. Le gouvernement provincial précise lui-même que son bilan de cinq morts reste provisoire et sous réserve de vérification indépendante.
Il sollicite pour cela l'Organisation des Nations unies, la MONUSCO, le Haut-Commissariat aux droits de l'homme et les organisations de défense des droits humains.
Une autorité provinciale qui publie un bilan et demande dans le même texte qu'on le contrôle décrit, sans le dire, l'état de ses propres moyens de constatation dans une zone qu'elle n'administre plus.
Ce que Walungu a déjà connu
Kaniola est un groupement du territoire de Walungu, à l'ouest de Bukavu. La zone est un couloir entre les hauts plateaux et la ville.
Nous avions rapporté des combats entre les forces armées congolaises et l'AFC/M23 dans ce même territoire.
Le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l'homme documente mensuellement les violations attribuées à ce groupe. Dans son décompte de juin 2026, publié en août, 657 violations ont été recensées à l'échelle nationale, dont 574 dans les trois provinces en conflit, l'Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.
Un cessez-le-feu qui n'a pas de protocole d'accès
L'attaque intervient alors que deux processus de négociation sont en cours.
Le premier, entre Kinshasa et Kigali, a son prochain rendez-vous les 16 et 17 septembre à Genève. Le second, à Doha, associe Kinshasa et l'AFC/M23.
Sur les huit protocoles prévus par l'accord-cadre de novembre 2025, deux ont été signés : le mécanisme de supervision et de vérification du cessez-le-feu, et celui de la libération des détenus. Six restent à négocier, dont l'accès humanitaire et la restauration de l'autorité de l'État.
Le mécanisme de vérification existe donc sur le papier. C'est à lui que le gouvernement provincial s'adresse, en même temps qu'il constate des morts.
Ce qui n'est pas établi
L'identité des victimes n'est pas publiée. Le nombre de disparus n'est pas chiffré. La MONUSCO n'a pas répondu publiquement à la saisine du gouvernement provincial.
Les forces armées congolaises n'ont pas décrit leur dispositif à Kaniola au moment des faits, ni les huit heures pendant lesquelles les tirs ont été entendus.
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Source : https://beto.cd/kaniola-walungu-sud-kivu-massacre-7-septembre-verification-monusco/
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