À la veille de la rentrée parlementaire, quatre chefs-lieux de province ont interdit ou entravé les marches annoncées par la Coalition Article 64 pour le 15 septembre 2026. Chaque autorité invoque un fondement différent : l'ordre public à Lubumbashi, la sécurité à Kananga, l'épidémie d'Ebola à Kisangani. À Kindu, des membres de la coalition ont été arrêtés.
À Kananga, tout attroupement de plus de dix personnes est interdit
La maire de Kananga, Rose Muadi, a suspendu les manifestations politiques le samedi 12 septembre 2026 et interdit tout attroupement de plus de dix personnes, pour des raisons de sécurité.
La coalition maintient sa marche. " Cette interdiction est un excès de pouvoir et une violation de la Constitution. Nous appelons nos militants et militantes à ne pas céder à la provocation. La marche n'est pas une faveur d'une autorité. C'est un droit et nous avons le droit de tenir notre manifestation ", a déclaré Georges Nyembu, porte-parole adjoint de l'ECIDÉ au Kasaï-Central, sur Radio Okapi le 13 septembre 2026.
À Kindu, la coalition dénonce l'arrestation de douze de ses membres
Les arrestations ont eu lieu le vendredi 11 septembre 2026 à Kindu, au Maniema. La coalition, qui s'est exprimée le samedi 12 septembre en conférence de presse, fait état de douze membres interpellés et en nomme quatre : Jovit Famba, Pascal Kasema, Milla Dipenge et Omba Lumumba.
Elle exige leur " libération sans condition ", dénonce des " arrestations arbitraires " et exhorte les autorités " à respecter les lois de la République et à garantir l'exercice des droits et libertés consacrés par la Constitution ", propos rapportés par Radio Okapi le 13 septembre 2026.
Salomon Idi Kalonda, sénateur du Maniema, dénonce pour sa part " les restrictions des libertés publiques ", sur le même support à la même date. Les chefs d'inculpation retenus par le parquet de Kindu n'ont pas été rendus publics.
À Kisangani, c'est l'épidémie qui sert de fondement
Le gouverneur de la Tshopo a interdit les rassemblements et les mouvements de masse, rendu obligatoire le signalement des cas suspects et mis en garde contre une marche annoncée pour le 15 septembre, en annonçant l'application des dispositions légales contre les contrevenants.
Le communiqué provincial appelle " l'ensemble de la population à redoubler de vigilance et à observer strictement les mesures de prévention dites " mesures barrières " ", face à " la progression préoccupante de la situation épidémiologique ", selon l'Agence congolaise de presse des 13 et 14 septembre 2026.
La Tshopo compte sept zones de santé touchées par l'épidémie sur vingt-trois, selon le décompte de l'Organisation mondiale de la santé arrêté au 7 septembre 2026.
À Lubumbashi, la maire intérimaire invoque la quiétude sociale
Joyce Tunda, maire intérimaire de Lubumbashi, a notifié l'interdiction le 11 septembre 2026 à l'Hôtel de ville, en invoquant l'interdiction générale des manifestations publiques dans la ville pour préserver " l'ordre public et la quiétude sociale ". La coalition avait informé la mairie le 7 septembre.
Là aussi, la marche est maintenue. La coalition invoque l'article 26 de la Constitution, qui garantit la liberté de manifestation et prévoit que l'organisateur informe par écrit l'autorité compétente, sans autorisation préalable.
Le point de chute annoncé à Kinshasa est le Palais du peuple
À Kinshasa, la marche annoncée pour le 15 septembre doit se diriger vers l'Assemblée nationale, au Palais du peuple, le jour de l'ouverture de la session ordinaire de septembre. Son objet est le projet de révision constitutionnelle.
Le vice-Premier ministre et ministre de l'Intérieur Jacquemain Shabani n'a pas communiqué de position sur l'encadrement de cette journée, et aucun des arrêtés municipaux concernés n'a été publié.
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