L'objectif affiché est de permettre l'identification des dépouilles, leur restitution aux familles et, à terme, l'établissement des responsabilités judiciaires.
Le sujet a été au cur d'une rencontre, mercredi 2 septembre 2026 à Kavimvira, entre le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi Sadiki, et une délégation du Fonds national de réparation des victimes (FONAREV), qui prévoit d'installer un bureau à Uvira.
Selon les autorités provinciales, le travail envisagé devrait porter sur la localisation et l'identification des fosses communes, suivies d'éventuelles exhumations avec l'intervention de médecins légistes.
Les dépouilles pourraient ensuite faire l'objet d'une identification formelle avant des inhumations dignes, en coordination avec les instances judiciaires.
Au-delà de la question funéraire, l'enjeu est également judiciaire. La documentation des corps, des lieux de sépulture et des circonstances des décès pourrait contribuer à la constitution de dossiers destinés à établir les responsabilités dans les crimes commis durant les conflits.
Le gouverneur du Sud-Kivu affirme que certaines fosses communes seraient liées aux violences attribuées par les autorités congolaises à l'armée rwandaise et à l'AFC/M23.
Ces accusations restent à établir dans le cadre d'enquêtes indépendantes et de procédures judiciaires, conformément aux exigences de preuve.
Un projet de mémorial est également envisagé afin de préserver la mémoire des victimes.
Pour les familles, une telle démarche pourrait surtout constituer une étape importante pour connaître le sort de leurs proches disparus et disposer, lorsque cela sera possible, d'un lieu de recueillement.
Cette initiative intervient alors que les autorités judiciaires annoncent parallèlement la tenue d'audiences foraines à Uvira.
Le Tribunal et le Parquet de grande instance ainsi que l'auditorat militaire doivent notamment examiner des affaires impliquant des civils, des militaires et des membres de groupes armés accusés de crimes ou d'autres abus.
Le FONAREV, établissement public créé en 2022, intervient dans l'identification, l'accompagnement et la réparation des victimes de violences sexuelles liées aux conflits et de crimes graves.
À Uvira, l'enjeu dépasse donc désormais la seule identification des fosses : il s'agit aussi de faire passer les victimes de l'anonymat à la reconnaissance, et les récits de violences à des éléments susceptibles d'être examinés par la justice.
Christian Balemba
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